Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /2010 12:18

Vous ne le savez sans doute pas, mais Mgr James est le nouvel évêque de Nantes. La grande démonstration Hellfest (« fête de l’enfer »), qui s’est déroulée à Clissons, au sud de Nantes était donc justiciable de sa juridiction spirituelle. Chacun attendait sa réaction contre ce pandemonium de déguisements de musique métal et de drogues. Le dimanche précédent, Mgr James y est allé d’un petit sermon dans sa cathédrale. Etonnant ! On a l’impression à le lire rétrospectivement qu’il ne savait pas comment manifester sa compréhension et sa mansuétude pour cette manifestation qui prend pompeusement le nom de « festival ». Voici un petit extrait qui m’a été envoyé de la part d’une jeune paroissienne scandalisée. J’ai gardé ses commentaires à votre intention.

Extraits surprenants et commentaires persos

En juin 2008, Mgr Georges Soubrier, mon prédécesseur, avait fait part avec la paroisse de ses remarques sur le festival de « musique extrême » (Enfer serait plutôt le terme exact) qui se déroule à Clisson. Témoins de cette confrontation entre, d’un côté des chrétiens qui se sentent agressés et de l’autre, des « métalleux » qui se sentent incompris (les pauvres !), la communauté chrétienne de Clisson souhaite prendre la parole : au contact du festival, elle reconnaît qu’il y a là une recherche d’expression musicale (je suis sidérée de lire ça) qui peut avoir toute sa place (mais lisez donc les traductions de certaines chansons !). Dans les rues de Clisson, avec l’ensemble de la population, elle constate la convivialité des festivaliers rencontrés (avec des croix renversées, de noirs vêtus pour beaucoup), autour de ce qui les rassemble : l’attachement à une musique qu’ils apprécient (eh bien pas moi, en tant que catho je me sens agressée et attaquée) et une certaine façon d’être (que je n’envie pas. Respirent-ils vraiment la paix, la joie ?) La communauté chrétienne est aussi témoin du professionnalisme des organisateurs (faut-il applaudir ces organisateurs anti-cathos ?) et de la générosité des bénévoles (ben voyons) qui font de ce festival un évènement important de la vie locale. (NON !!!!! je rêve !!!!!!!!!!!!!!)...

En bon français, cette homélie est une apologie de la « fête de l’enfer » à destination des catholiques qui ont gardé suffisamment de défense immunitaire pour être éventuellement scandalisés de ce déferlement sataniste. Ce qui est étonnant avec nos évêques, c’est que rien ne leur sert de leçon. Ils nous bassinent avec ce discours pseudo-compassionnel depuis quarante ans. Ils sont systématiquement dans « l’autrisme », ne s’en prenant qu’à leurs propres fidèles quand ils ont des remarques à faire. Les « autres » ont toujours raison. Les hostiles ont leurs raisons [voilà l’homélie de Mgr James]. Les tièdes ont leurs raisons [ souvenez-vous, les messes du samedi soir qui tiennent lieu de messe du dimanche, « pour respecter le travail des uns et le loisir des autres »]. Ceux qu’il importe de moraliser, ce sont ceux qui ne sont ni tièdes ni hostiles, les catholiques qui « ne comprennent pas » [les pauvres : des arriérés vous dis-je]. Quand Mgr Vingt-Trois récemment critiquait les catholiques anti-Act’up qui s’étaient massés sur le Parvis de Notre Dame, au lieu de condamner Act’up…il a montré qu’il souffrait du même genre de syndrome déformant. Il s’étonne de ne plus avoir de candidats au sacerdoce ? Mais des candidats éventuels se trouvaient sans doute parmi les cathos crossés par l’archevêque pour cause de militantisme… catho. Ils n’ont peut-être pas envie d’avoir tort toute leur vie de préférence aux tièdes et aux hostiles [qui eux, ont toujours des raisons]. Comment une Institution peut-elle recruter si elle ne respecte pas ceux qui spontanément s’engagent pour elle ? Ce sont exactement les mêmes réflexes mentaux destructeurs à Paris et à Nantes. Cette attitude autriste, de la part de nos évêques, n’a rencontré aucun écho. Personne ne leur en sait gré, parmi les tièdes et les hostiles. Quand aux bons catholiques, ils sont partis, en commençant par les plus jeunes, lassés de recevoir toujours la même petite morale désapprobatrice, de la part de leurs pasteurs autristes. Un peu partout les diocèses « ferment » (comme à Saint-Etienne par exemple où un ancien du MJCF, Mgr Lebrun, promeut les communautés sans prêtre). Mais rassurez-vous, les évêques, eux, tout à leur vocation de syndics de faillite, continueront à dire que c’est de la faute aux cathos. Jusqu’à ce que mort s’ensuive ?

Claire Thomas

Par monde et vie
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /2010 12:19

Cher Jean-Pierre Denis,

J’ai vu de quelle manière vous maintenez le bien-fondé de votre titre d’il y a trois ans, visant l’abbé Laguérie : Pourquoi cet homme-là devait rester dehors. C’était en septembre 2006. L’Institut du Bon Pasteur avait été fondé à Rome et ses statuts reconnus par le cardinal Castrillon Hoyos, responsable de la Commission Ecclesia Dei. Vous avez estimé à l’époque que l’on n’avait pas été assez exigeant avec les cinq fondateurs de ce jeune Institut. Vous nous soupçonniez, en un mot comme en cent, d’intégrisme larvé. Et aujourd’hui, après l’émission des Infiltrés, mardi 27 avril, vous vous pensez fondé à dire et même à proclamer publiquement que… somme toute… vous aviez bien eu raison de titrer de cette manière à l’époque et que, si c’était à refaire - foi d’ « Infiltrés » ! - vous le referiez.

Vous avez raison d’écrire aujourd’hui que, pour un grand nombre d’entre les traditionalistes, peu habitués à pratiquer ce que vous nommez si bien « un christianisme plus tiède, plus lisse ou plus poli », votre attaque de l’époque ne les avait pas dérangés. J’y avais décelé, personnellement, le contraire de l’indifférence, quelque chose comme un amour contrarié ou… retourné. Et c’est dans cet esprit – fraternel - que je vous avais lancé une invitation à venir à La Mutualité. J’étais au téléphone. Vous pouviez raccrocher sans explication. Vous avez relevé le défi, car vous êtes manifestement un homme des défis à relever (On ne donne pas à un hebdomadaire un peu poussif comme La Vie, cette jeunesse et cette insolence si l’on n’aime pas relever des défis). Vous êtes venu dans une salle comble. Quelque 800 personnes. Dans leur écrasante majorité, des traditionalistes. Et surprise : vous avez été applaudi. Vous évoquiez, souvenez-vous, notre foi commune en l’eucharistie et vous repreniez une formule du concile Vatican II qui n’a effrayé personne en soulignant que ce sacrement est le « sommet de la vie chrétienne ». Vous vous êtes exprimé alors, avec un grand respect pour votre auditoire, mais sans aucune concession. Du grand art. Ce jour-là, nous avions su montrer ensemble que le respect fraternel entre catholiques était toujours immédiatement possible.

Et voilà qu’aujourd’hui vous donnez à votre collaboratrice Joséphine Bataille l’occasion de prendre au sérieux cette émission des Infiltrés dans laquelle tout pue le bidonnage et l’appel à la haine, à commencer par cette manière de faire parler les enfants, comme le font les régimes totalitaires quand ils cherchent à obtenir les « aveux » des ennemis du peuple. La grande presse ne s’y est pas trompé. A part le Figaro, qui, depuis qu’il a pris le format d’un « gratuit », ne sait plus comment manifester le vide intellectuel qui rassure tellement une partie de sa clientèle, les journaux sérieux, et pas vraiment traditionalistes, n’ont pas voulu manger de ce pain là. Ni Libération, ni Le Monde, ni Le Nouvel Obs, ni l’Express n’ont daigné s’attarder sur cette émission, navrante pour le Service publique. Mais La Vie l’a fait. De la part de votre collaboratrice, attentive à collationner les citations, comme une bonne élève qu’elle est sûrement, on chercherait en vain l’ombre d’un commencement de réserve sur les problèmes éthiques que pose un tel type d’émission et sur le lynchage que Mathieu Maye entend provoquer par amalgame. C’est dommage. Excusez ma franchise. Elle me semble simplement en l’occurrence une défense légitime. Pour le reste, soyez sûr que je n’en veux à personne et surtout pas à cette Joséphine que j’ai eue récemment au téléphone et qui, outre son prénom napoléonien, porte un nom vraiment prometteur pour la profession qu’elle a embrassée : nomen, omen, disons-nous parfois dans notre latin !

Je n’en veux à personne et ne cèderai pas au démon de la polémique, d’autant plus que votre texte à vous, lu de près, rend un son différent. Il me semble qu’il résonne, en fait, comme un appel au respect, à un respect forcément mutuel. Je vous cite : « L’attachement aux formes anciennes de la liturgie est profondément respectable, tout comme le désir de sauver un trésor culturel et cultuel.(…) On pense ici aux personnes qui se sont converties grâce à la liturgie désormais dite « extraordinaire », quand la messe « ordinaire » ne leur parlait pas. Elles ne sont ni plus ni moins catholiques que vous, que moi, que d’autres ». Pour ces paroles de chrétien, de frère, merci Jean-Pierre Denis.

Certains relèveront sans doute les crochets indiqués dans votre texte et y verront la perspective redoutable d’un caviardage. Loin de moi cette pratique ! Vous nous appelez, nous autres traditionalistes, à la clarté. Je l’ai fait aussi, modestement, sur mon blog (voir metablog sous le titre : Je n’ai pas la télé). Je voudrais encore y travailler ici.

Avant tout, pour justifier votre opposition à l’abbé Laguérie, vous citez le concile Vatican II : « C’est bel et bien l’acceptation du concile Vatican II qui reste à vérifier sans faux-nez. Nous avions dit qu’il eût été préférable de manifester quelques exigences avant de réintégrer les amis de l’abbé Laguérie, même au nom de la charité et même au nom de leurs vocations religieuses. On voit bien, aujourd’hui, que le ménage a été fait trop en surface ». Mais le concile Vatican II, Jean Pierre Denis, c’est « un chantier », comme me disait un dignitaire du Vatican il y a quelque temps. Tout le monde y travaille : dialogue interreligieux, œcuménisme, liturgie, chaque catholique a sa petite idée sur ces questions. Et les textes du Concile offrent simplement des « pistes » à explorer, si vous me permettez de reprendre un mot de Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, lors d’un entretien public à Rome avec le philosophe italien Paolo d’Arcais. Nous tous, les catholiques d’aujourd’hui, nous défrichons les « pistes » désignées par le concile Vatican II, sur lesquelles doit se construire le christianisme de demain, en accord foncier, en « continuité » avec le christianisme d’hier.

Exemples ?

Pour les traditionalistes aussi, le dialogue interreligieux, dans un pays où l’islam est la religion sans conteste la plus dynamique, n’est plus seulement une option mais une nécessité. Comment vivre avec l’autre sans prendre la peine de le connaître et, en l’occurrence, de connaître sa religion ? Quant au dialogue avec les Juifs, une émission comme celle du 27 avril nous montre qu’il est indispensable de le mener, dans un grand respect mutuel et sans jamais prétendre confondre deux économies que Dieu lui-même distingue. Sans jamais faire des Juifs des chrétiens malgré eux ou des chrétiens sans le nom.

Autre exemple. Pour les traditionalistes, comme l’a répété Monde et Vie maintes fois ces dernières semaines, le style du pape Benoît XVI en matière d’oecuménisme, cette préoccupation constante de la vérité, sa manière roide de dialoguer avec les luthériens sur la doctrine de la justification par la foi, en parvenant à « un consensus différencié », sa façon chaleureuse mais exigeante d’approcher les orthodoxes en leur faisant reconnaître, à Ravenne, qu’il n’y a pas d’antagonisme entre la conciliarité et la primauté et jusqu’à sa manière de proposer aux dits « lefebvristes » un véritable dialogue doctrinal, tout cela est suivi avec une attention particulière par les traditionalistes de toutes origines. Encore une fois, voyez Monde et Vie. Ou le Forum catholique.

Ajoutons une considération qui va de soi : pour les traditionalistes, la question liturgique, que le Concile a mise au premier plan, est effectivement décisive. Cela vous l’avez parfaitement perçu d’ailleurs dans la partie de votre texte que je viens de citer.

Alors si Vatican II n’est pas une incantation, vide de sens, qu’est-ce d’autre que la préoccupation de ces « pistes » nouvelles, dans lesquelles, nous en sommes tous bien d’accord, il faut nous engager ?

En réalité, plus j’étudie le concile et l’indétermination profonde des textes les plus doctrinaux (je pense par exemple à Dei Verbum, dont un grand théologien du Centre Sèvres aujourd’hui note que pour lui il n’en reste que « des traces »), plus je crois que le moment est venu de cesser d’en faire une incantation, pour le considérer comme ce qu’il est : un chantier nécessaire.

Il me semble en fait que l’essentiel est ailleurs. L’essentiel de l’accusation que vous continuez à porter contre l’abbé Laguérie est dans le paragraphe précédent : « Sur un certain nombre de points, qui touchent essentiellement au rapport à l’autre, et sous un certain nombre de formes, désormais plus souterraines qu’affichées, un certain traditionalisme reste volontairement prisonnier de ses racines anti-révolutionnaires, anti-modernes (ce qu’a été l’Eglise) et dans certains cas maurassiennes et antisémites (ce qu’elle ne peut plus être à aucun prix) ». Il me semble que ce que vous dites là est l’essentiel de vos reproches. L’essentiel de votre propos, la question du Concile, essentiellement cléricale malgré tout, me semblant facilement soluble dans la discussion, ou dans ce que Benoît XVI appelle l’interprétation.

Pour clarifier le débat avec vous, je souhaite reprendre l’un après l’autre les mots que vous utilisez.

Je commence par la fin : l’antisémitisme. Il y a un antisémitisme « à la papa », une culture du mépris qui n’a rien à voir avec la solution finale. On le trouve dans un milieu catholique qui déborde largement « les traditionalistes ». Cela correspond à une génération, marquée par les polémiques de Drumont et de quelques autres, dénonçant « la France juive ». En réalité, si l’on se reporte à la fin du XIXème siècle, la République qui n’était plus celle des Ducs, accéda au pouvoir (1876), et se trouva devant une élite massivement antirépublicaine. C’est à ce moment là que les grandes familles juives, ayant pris fait et cause pour la République, se trouvèrent montrées du doigt, dénoncées, stigmatisées, comme étant devenues les soutiens naturels du nouveau Régime… Je ne cherche pas à excuser, mais à expliquer pourquoi beaucoup de catholiques, pour des raisons avant tout sociologiques (et non religieuses), se découvrirent antisémites. Il faut remonter à la guerre des deux France une fois de plus, guerre des deux France dont cet antisémitisme, rémanent chez certains bourgeois catholiques, apparaît comme un important dommage collatéral. Soulignons néanmoins que les vrais chrétiens, papes en tête, n’ont jamais cédé à ce genre de sirène. Pie XI n’a pas eu besoin de Vatican II pour dire : « Nous sommes spirituellement des sémites ». J’avoue qu’il m’a fallu l’affaire Williamson pour comprendre que l’antisémitisme était encore aujourd’hui une vraie menace spirituelle à propos de laquelle il est impossible de se taire, en tant que catholique.

Vous donnez l’impression de faire un amalgame entre « maurrassien » et antisémite. Il est vrai que Maurras n’était pas dreyfusard. Vrai qu’il représente sans doute un bon exemple de cet antisémitisme sociologique, typique de la fin du XIXème siècle, dont je parlais à l’instant. Mais enfin ! Cet antisémitisme ne constitue pas l’ensemble de la réflexion d’un penseur qui est l’un des plus grands analystes du XXème siècle en France. Politique, critique, littérature, poésie, morale et même d’une certaine façon métaphysique, on trouve tout chez Maurras et ses disciples, comme Pierre Boutang, ont bien montré qu’il y avait moyen d’être maurrassien sans être antisémite ! Il y a même aujourd’hui des maurrassien dont le sionisme est la bannière, autour de la revue Les Provinciales. Je crois que décidément il ne faut pas tout confondre ! Et ressortir la vieille lune de la condamnation de l’Action Française, à laquelle un Jacques Prévotat a consacré 700 pages sans rien expliquer de convaincant sur les raisons de Pie XI, raisons que l’on attend toujours (comme l’a d’ailleurs constaté son successeur, levant la condamnation), c’est me semble-t-il s’enfoncer dans le passé, au lieu de traiter les problèmes du présent.

Restent deux adjectifs : antirévolutionnaire et antimoderne. Maurras est anecdotique dans cette affaire. Mais ceux-là – antirévolutionnaire et antimoderne – concentrent, me semble-t-il, la matière de notre désaccord réel. 

Antirévolutionnaire ? Antimoderne ? Vous soulignez que l’Eglise a été l’un et l’autre. Lui serait-il interdit aujourd’hui d’être antirévolutionnaire ? lui est-il permis de condamner les révolutions qui ne sont pas la révolution chrétienne ? Ces pseudo-révolutions singent la sienne, comme disait Pie XI dans Divini Redemptoris, et il ne lui serait pas permis de le souligner ? Lui est-il interdit, à notre Eglise, de dire qu’elle porte la seule révolution qui vaille, celle qui supporte toute l’histoire réelle de l’humanité, la révolution personnaliste ? Lui est-il interdit de souligner que toutes les autres ont été des leurres, produisant du sang, des larmes et des dégâts humains souvent irréparables ? Il me semble qu’au moment où l’on enterre solennellement le concept de Révolution, ce n’est peut-être pas la peine que les chrétiens décident de jouer aux croque morts, en se chargeant des fleurs, des couronnes et de l’oraison funèbre. Là encore, c’est décidément regarder vers le passé. Nous avons mieux à faire : c’est l’Evangile qui change le monde, en donnant à chaque personne le sens de sa responsabilité éternelle (et donc de sa liberté temporelle). Voilà ce qu’en tant que chrétiens, nous avons à dire aux hommes. Me détromperez-vous ? Je sais bien que non.

Quand à l’antimodernité, Benoît XVI a une formule décisive dans Spe salvi : il parle, au paragraphe 19, d’une nécessaire autocritique de la modernité. Il est trop subtil pour tomber dans le jeu binaire du pro et de l’anti. Je suis d’accord avec vous là dessus : on ne peut plus être antimoderne. C’est absurde de se vouloir antimoderne. Jacques Maritain avait lancé ce concept en 1925, mais c’est un mort né. Comment peut-on ne pas être marqué par la modernité sous tous ses aspects, technologiques, sociologiques, psychologiques et même métaphysiques ? On n’est pas face à la modernité, encore moins contre elle. On est dedans, qu’on le veuille ou non. Le traditionalisme, par exemple, est un phénomène contemporain, engendré par la modernité. Et c’est lorsque l’on a compris cela que l’on peut saisir aussi ce qui nous est demandé par Benoît XVI : une autocritique de la modernité, à la lumière de la Révolution chrétienne. Notre propre autocritique.

Cher Jean-Pierre Denis, nous avons tous à nous laisser évangéliser par la Révolution chrétienne. Nous réagissons différemment en fonction de nos histoires personnelles aux uns et aux autres. Mais je crois que notre époque est radicale ; je crois qu’elle emportera dans le vide tous les conservatismes, celui d’une « Tradition » hypostasiée comme celui d’un Concile mythifié et fossilisé dans cinquante années d’échec pour l’Eglise ; je crois qu’il ne restera, dans dix ans ou dans vingt ans, que ceux qui transmettent l’Evangile parce qu’ils l’ont reçu au plus profond d’eux-mêmes et ceux qui s’y opposent parce que, comme on commence à le voir ici et là, il aura été littéralement diabolisé.

Mais pourquoi tant de mots, si c’est pour en arriver à ce dilemme apocalyptique ? Si j’ai beaucoup apprécié votre texte, alors même qu’il me paraît injuste ou excessif, c’est parce que, reprenant de manière parfois trop unilatérale la charge médiatique contre les traditionalistes,  je sens pourtant qu’il est écrit par un chrétien.


Abbé G. de Tanoüarn

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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 08:42

une826

La principale menace qui pèse aujourd’hui sur notre système de retraites est une menace démographique. Quand les retraités seront aussi nombreux que les actifs, comment la répartition pourra-t-elle fonctionner ?
Les projections démographiques sont sans miséricorde. En 1991, à l’époque où Michel Rocard tirait le premier la sonnette d’alarme en publiant son livre blanc sur les retraites, 11 millions de Français étaient âgés de plus de 60 ans, ce qui représentait 20% de la population. D’ici vingt ans, en 2030, le tiers des Français, soit plus de 20 millions d’entre eux, auront plus de 60 ans. Le nombre d’actifs par rapport aux retraités n’a cessé de se réduire depuis les années soixante, où ils se comptaient encore 4,14 pour 1. Aujourd’hui on ne trouve plus que 1,40 actif pour un retraité, et dans une vingtaine d’année, ce sera presque de 1 pour 1… Dans un régime de retraite par répartition, où les pensions sont directement financées par les cotisations des actifs, on comprend aisément les conséquences de ce déclin. Il n’est pas dit qu’un régime par capitalisation, dans lequel les retraites seraient abondées par le produit des placements, s’en trouverait beaucoup mieux. Economiste de tendance libérale, professeur émérite des universités, membre honoraire du Conseil économique et social, Jacques Bichot a siégé au Conseil de surveillance de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs experts français en matière de retraites.


L’illusion immigrée


A la rubrique « Démographie » du dictionnaire de la réforme qu’il vient de publier, il pointe « l’erreur grossière faite par ceux qui voient dans la capitalisation un moyen de se soustraire aux conséquences de la démographie sur les retraites. Pour que les fonds de pension puissent servir des prestations en rapport avec les espérances de leurs adhérents, encore faut-il qu’il existe suffisamment d’acheteurs pour les actifs qu’ils détiennent. Or qui est en phase d’accumulation d’un patrimoine? Les personnes professionnellement actives, pas les retraités. Donc, si les adultes sont relativement peu nombreux en proportion des retraités, les valeurs mobilières et les biens immobiliers seront davantage offerts à la vente que demandés à l’achat. En conséquence, le prix de ces actifs diminuera – et les fonds n’obtiendront que des sommes trop modestes pour verser des pensions généreuses. Autrement dit, le vieillissement de la population est mauvais pour les retraites par capitalisation comme pour les retraites par répartition. » Certains comptent sur les enfants des autres, c’est-à-dire les immigrés, pour combler les manques démographiques et payer les retraites des Français. Telle était l’idée, par exemple, de Michel Gevrey, rapporteur d’un document établi en 1983 par la Commission du plan du Conseil économique et social, qui estimait que l’immigration pourrait « contribuer dans les décennies à venir à la croissance économique, au développement de l’emploi, au financement des retraites et de la protection sociale, en complémentarité de la politique familiale et de natalité.»
Pour l’instant, cependant, les rares études – évidemment pas officielles – qui ont été réalisées sur le coût de l’immigration, comme celles d’Yves-Marie Laulan, de Jacques Bichot, de Maurice Allais ou de Jean-Paul Gourévitch, montrent toutes qu’elle coûte beaucoup plus qu’elle ne rapporte. Quant à la politique familiale, Nicolas Sarkozy a déjà montré tout le cas qu’il en faisait : avant de la confier aux bons soins de Nadine Morano, qui de tous les ministres est sans doute la moins qualifiée pour ce poste, il n’avait même pas jugé utile de lui consacrer même un strapontin dans son premier gouvernement.


Hervé Bizien, extrait du n° 826
Jacques Bichot, Retraites, le dictionnaire de la réforme, co-ed. Sauvegarde Retraites et L’Harmattan.

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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 09:44

Prêtre de l’Institut du Bon Pasteur et directeur de publication de Respublica Christiana, l’abbé Guillaume de Tanoüarn a consacré le deuxième numéro de cette revue aux « Catholiques et la Shoah », dans laquelle il voit une Apocalypse du monde contemporain.

Dans le dossier que vous consacrez au catholiques et à la Shoah, vous évoquez l’« unicité » de ce génocide. Ce n’est pourtant ni le premier, ni le dernier, hélas, de l’histoire…

Il existe bien évidemment d’autres génocides, dans l’histoire du peuple juif comme dans celle de l’humanité. « L’unicité » de la Shoah me semble-t-il, ne tient pas au fait que le nombre de morts ait été supérieur – on peut reprocher à Staline par exemple, en particulier en Ukraine, d’avoir condamné à mourir par la faim et par les camps des millions d’individus –, mais à la fois à ce que Imre Kertesz appelle le génie « éthique » des Juifs et à ce que la Shoah s’est déroulée dans l’un des pays les plus civilisés d’Europe. Si l’Allemagne des musiciens et des philosophes a pu supporter un führer comme Adolf Hitler, c’est que l’humanisme occidental, à son zénith en Germanie, n’a pas pu empêcher cette monstruosité. Pire: la virtuosité langagière d’un Heiddeger, l’intelligence anticipatrice d’un Carl Schmitt, n’ont pas résisté au charme épouvantable de cet homme qui prétendait fonder un Reich pour 1000 ans et dont l’outrance n’a pas duré quinze ans. L’un comme l’autre ont été encartés au NSDAP. Ernst Nolde, entre Danemark et Schleswig-Holstein, a choisi lui aussi l’Allemagne, alors même que ses oeuvres faisaient partie de l’exposition des peintres dégénérés en 1934 et que plusieurs ont été brûlées. Nazi quand même ? Pas sûr, mais silencieux en tout cas, comme tant d’autres que leur culture admirable n’a pas protégés contre l’inhumanité du monstre.

Vous revenez en ouverture de votre dossier sur les propos tenus par Mgr Williamson. Pourquoi ?

Pour moi, les dix minutes durant lesquelles Mgr Williamson a expliqué à la télévision suédoise qu’il y avait eu « seulement » 100000 ou 200000 morts juifs à Auschwitz, ont constitué un véritable traumatisme. Je n’ai pas été ordonné prêtre par Mgr Williamson mais par Mgr Tissier de Malleray, mais j’avoue que je ne peux pas comprendre (je l’ai écrit sur mon blog en janvier 2009) comment il a pu engager médiatiquement un combat aussi absurde alors qu’il était évêque – et donc, comme tous les évêques, l’évêque de tous, l’homme de tous. En tout cas, c’est lui qui m’a donné l’occasion de lire, de réfléchir et d’écrire sur ce sujet décisif dans l’histoire de la culture occidentale qu’est le génocide des Juifs par l’un des pays les plus civilisés du monde.

Le terme de Shoah ne fait-il pas référence à la conception religieuse juive de cette persécution ?

On a d’abord parlé, à propos du génocide juif, de l’Holocauste, c’est-à-dire d’un sacrifice que certains ont même élevé jusqu’au sacrifice du Christ sur le Golgotha. Cette christianisation
d’Auschwitz me semble indue quand il s’agit des morts juifs. Imre Kertesz et beaucoup de ceux qui se sont exprimés sur la Shoah ont souligné le caractère totalement gratuit de cette mort pour les Juifs déportés, qui souvent n’avaient plus aucune conception religieuse et qui aspiraient, comme le souligne Christian Attias, à s’intégrer dans le monde occidental. Parlerde Shoah, c’est-à-dire de « catastrophe », ce n’est pas faire référence à une conception religieuse quelconque, mais c’est montrer l’absence totale de signification de ces morts qui, de leur point de vue, meurent pour rien. Roberto Benigni a raison de montrer, dans son film « La Vie est belle » que, face à la Shoah, le terrible rire du non-sens a sa place.

Le peuple juif a été élu par Dieu pour accueillir, en Marie, l’Incarnation. D’une certaine manière, la Shoah n’entre-t-elle pas en résonance avec l’Incarnation ?

Je crois qu’il ne faut pas essayer de christianiser les Juifs malgré eux, comme si l’on s’appropriait théologiquement leur mort. En revanche, il me semble impossible que la Shoah dans sa brutalité absurde n’ait pas une signification religieuse. Pour moi, loin d’être un Golgotha, c’est une sorte d’Apocalypse du monde contemporain. « Cette génération ne passera pas que tout ne soit accompli », dit le Christ en saint Matthieu. Je pense qu’effectivement, chaque génération a sa propre Apocalypse, manifestant la puissance du mal et l’urgence de la Rédemption et de la Vérité chrétienne. A la naissance du Christ a correspondu le massacre des Innocents (« Rachel pleure ses enfants car ils ne sont plus », commente l’évangéliste.) Ce massacre des Innocents, dans sa gratuité absurde, a choqué l’antiquité au point que Macrobe, historien païen du IVe siècle, en parle encore. Je pense qu’on parlera encore de la Shoah dans plusieurs siècles. Et je crois aussi que les Juifs, à travers l’interprétation qu’ils en donnent, manifestent au monde la puissance du mal, et cela alors que la civilisation et l’humanisme paraissent le seul salut de l’humanité. Or ni la civilisation, ni l’humanité n’ont évité Hitler. Décidément, le Salut est ailleurs !

Dans la lecture juive de cet événement, Auschwitz doit rester un lieu de mort. La lecture
chrétienne n’est-elle pas différente ?


Je ne sais pas s’il existe une lecture juive unique de la Shoah. Je me souviens d’un dialogue public avec Théo Klein, durant lequel il assénait: « Dieu s’est tu à Auschwitz! » Notons que Hans Jonas, dans Peut-on penser après Auschwitz ?, expliquait avec les sages de la Kabbale que la puissance de Dieu, qui avait supporté Auschwitz, ne pouvait pas être une puissance infinie… Et pourtant, dans l’Ancien Testament, figurent deux génocides antisémites: celui auquel Moïse a mis fin en Egypte et celui auquel Esther a mis fin en Perse. Et l’on peut dire que la déportation à Babylone par les Assyriens a aussi sous certains aspects l’allure d’un génocide. Ces événements apocalyptiques qui ont jalonné l’histoire du peuple juif ont toujours été interprétés comme les signes de l’approche d’un salut divin. Il me semble que c’est à travers ce modèle apocalyptique que l’on peut, juifs et chrétiens, sans aucune forme d’annexionnisme, penser Auschwitz aujourd’hui : la puissance déchaînée du mal est un appel au Salut.

Il existe aujourd’hui d’autres génocides, banalisés: je pense à l’avortement…

L’horreur, à notre époque, est forcément « soft » et d’autant plus horrible. Ainsi l’avortement, simple « interruption volontaire de grossesse », est une horreur très « soft ». Notre société banalise le mal. Le message de la Shoah est plus que jamais d’actualité pour nous réveiller de notre bonne conscience.

Propos recueillis par Hervé Bizien (monde et vie n° 826)


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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /2010 12:00


Les journalistes doivent ils se reconvertir en agents auxiliaires de la morale publique ? C’est cette question que l’on se pose lorsqu’on se trouve devant l’émission Les infiltrés, produite par l’agence capa pour France 2 sous la responsabilité de David Pujadas lui-même.

On sait qu’il y a une crise dans le Métier : crise du papier d’abord, dépassé par l’information virtuelle portée, dans une permanente immédiateté, par Internet. Crise de l’audio-visuel, qu’illustre bien le vide total des programmes, toutes chaînes confondues. Vous comptez encore sur la télé pour vous distraire ? Faites l’expérience, vous verrez… Le sommeil risque de vous saisir avant que vous n’ayez eu le temps de la mener à bien.
Cette crise renvoie évidemment à un diagnostic civilisationnel, car les médias sont à l’image de leur destinataires. Elles reflètent un état de la société. On parle d’« ensauvagement », de décérébration, de lassitude d’être ou comme l’expliquait récemment le philosophe Bruno Pinchard, on invoque la « fin de l’âge de l’esprit ». Nous sommes dans un temps, il faut s’y résoudre, où « l’esprit n’est plus le principe de notre savoir » (in Philosophie à outrance, Cinq essais de métaphysique contemporaine, éd. EME).
Le diagnostic parfaitement gratuit et désintéressé du métaphysicien porte en lui-même des conséquences politiques, éthiques et religieuses dramatiques. Ce ne sont pas elles qui nous intéressent pour l’heure, mais bien les dérives que la fin de l’âge de l’esprit produit dans ce petit monde en crise du journalisme. La télé loisir, emmerdante et ronronnante voit son salut dans la télé réalité. L’information, normalisée par les agences de presse, tente de sortir de son insignifiance en copiant ce procédé de la télé-réalité. Dans la « théâtrocratie » ambiante, rien de tel qu’une caméra cachée pour réveiller les ardeurs du téléspectateur assoupi devant sa télé allumée. Caméra cachée, caméra vérité, voilà enfin de quoi susciter l’intérêt, voilà, pour redresser l’audimat, le viagra des chaînes en panne d’idées !
La précédente émission de la série « Les infiltrés » a concerné la pédophilie. Les journalistes se sont infiltrés dans des réseaux de photos pédophiles sur Internet, et ils ont gentiment dénoncé leurs sources. Hervé Chabalier, le responsable de l’Agence capa, se justifie, sans mollir de cette nouvelle déontologie de la délation dans les colonnes de Libération : « on ne dénonce pas, on signale » des faits. Puis il ajoute que ces hommes [les pédophiles « signalés » à la police par les journalistes] ne sont pas des sources, mais le résultat de l’enquête journalistique. « Quand on sait que des gamins vont être victimes de prédateurs, il n’est pas possible de ne pas empêcher que ça se fasse. C’est la consigne que j’ai donnée. L’autre cas, c’est si on infiltre un réseau terroriste et qu’on apprend qu’une bombe va faire 150 morts dans le métro, je le ferai aussi. Il y a ces deux cas. Nous sommes des journalistes, mais nous sommes avant tout des citoyens ».
C’est beau comme de l’antique ! On constate la volonté affichée par Hervé Chabalier  de limiter la délation à deux cas très graves : la pédophilie et le terrorisme. Vous vous imaginiez sans doute que l’émission suivante serait consacrée aux terroristes et que des journalistes de l’agence Capa infiltreraient des milieux intégristes musulmans pour montrer comment des Français se retrouvent transformés en terroristes, dans des camps de formation très spéciaux en Afghanistan ou ailleurs.
Pensez-vous ! L’émission suivante, le 27 avril prochain, a pour cadre une école catholique traditionaliste à Bordeaux, l’école Saint-Projet. Assurément c’est moins dangereux. L’objectif du journaliste infiltré, Matthieu Maye ? Inciter des enfants à la haine antisémite, non sans les avoir chauffés lui-même au préalable par des provocations qui, bien sûr, n’apparaissent pas dans le document qu’il a extrait de son aventure, mais dont plusieurs se disent aujourd’hui témoins scandalisés.
Pour parvenir à ce résultat, le jeune homme et ses commanditaires de Capa et de France 2 n’ont pas lésiné sur les moyens. Il s’est immergé dans le milieu traditionaliste pendant plusieurs mois, il a été demander le baptême à l’église Saint-Eloi, tenue par des prêtres traditionalistes de l’Institut du Bon Pasteur et, avec plus ou moins de succès selon les jours et les « victimes » choisies, il s’est fait embaucher comme pion à l’école Saint-Projet. Et il a filmé…Pendant des jours…
Qu’en reste-t-il ? Assurément un témoignage à charge. Ceux qui ont vu le film, comme notre ami Daniel Hamiche, présent sur le plateau, se disent particulièrement mal à l’aise. Sur les images captées par le provocateur, les enfants en font des tonnes dans un antisémitisme forcé. Est-ce parce qu’ils se sentent loin de tout interdit ? Parce qu’ils veulent mettre le pion dans l’embarras en sortant des choses énormes, obscènes ? Parce que le pion, avec sa chemise boutonnée jusqu’au dernier bouton, fait décidément trop timide et qu’ils veulent se le payer, sans imaginer une seconde que c’est l’inverse qui se passe et que c’est Matthieu Maye qui les a adroitement provoqués ?
Cette manière de « jouer » avec les enfants en se jouant d’eux et en leur faisant dire des choses dont ils ne perçoivent pas bien la gravité relève évidemment d’une forme d’abus mental. Et cette façon d’utiliser les enfants en leur faisant dire ce que soi-disant penserait leur « milieu » d’origine s’apparente à de la surinterprétation, visant à mettre en place une véritable « loi des suspects », qui aujourd’hui comme hier n’a d’autre but que de tuer. Nous ne sommes plus dans l’information, mais dans la manipulation.
Tuer qui ? L’école Saint-Projet ? En quoi les 80 élèves de cette petite unité d’enseignement intéressent France 2 ?
Le mouvement Dies irae, principal incriminé dans le film, avec quelques clampins qui jouent à se (nous) faire peur en maniant des armes et des mots trop lourds pour eux ? « Ce sont des pieds nickelés » dit Caroline Fourest, présente sur le plateau lors du débat et qui voulait, là comme ailleurs, jouer son rôle de dénicheuse de fachos…
Tuer qui ? L’Institut du Bon Pasteur ? Le traditionalisme catholique ? Par amalgame, le pape qui a eu l’outrecuidance de réhabiliter des évêques dits « intégristes », parmi lesquels l’un d’entre eux responsable de déclarations négationnistes à la télévision suédoise ?
En 1996, le journaliste Gérard Leclerc posait déjà la question : Pourquoi veut-on tuer l’Eglise ? Il me semble que cette question est plus actuelle que jamais… Il y a dans le monde une hyperpuissance du libéralisme consumériste. L’Eglise catholique est l’institution qui a montré qu’elle ne plierait pas, qu’elle ne recevrait pas le matérialisme dans tous ses états comme la source des valeurs. Il faut faire plier cette Eglise-là, il faut tuer en elle toute velléité de résistance, il faut détruire le Pouvoir spirituel qu’elle représente auprès de centaines de millions d’individus – et l’autorité qu’elle retire de cette situation de Monopole. Il faut frapper là où cela lui fait mal en ôtant à cette Institution fondée sur la foi toute crédibilité.
Et pour cela, il faut se servir de quelques idiots utiles, provocateurs, nostalgiques d’on ne sait quel « ordre chrétien » ou plutôt d’un ordre noir fantasmatique, en profitant du fait que, pour beaucoup d’entre eux, ils cherchent à faire parler d’eux à tout prix…
L’émission Les infiltrés qui passe le 27 avril prochain sur France 2 aura au moins cet intérêt de stigmatiser ceux qui, dans une sorte de jeunisme éperdu et perdant d’avance, ont préféré leur romantisme personnel à la foi dans son intégrité et sa virginité, cette foi qui, seule, nous rattache au Christ..
Il faut en finir avec les amalgames et avec tous ceux qui peuvent y prêter le flanc. Que le monde nous attaque ? C’est au programme depuis le commencement : « Le monde vous hait, nous dit Notre Seigneur en saint Jean. Si vous étiez du monde, le monde ne vous haïrait pas, mais vous n’êtes pas du monde et c’est pourquoi le monde vous hait ». Ovide, le chantre de l’art d’aimer, avait aussi une petite phrase terrible, réutilisée par saint Augustin : « La vérité engendre la haine ».
Si le spectacle de la haine que donne aujourd’hui les ennemis du nom chrétien est fondé sur la détestation du Christ-vérité, il n’y a rien là ni pour nous étonner ni pour nous impressionner. Nous faisons face, avec les armes paradoxales du chrétiens, qui sont la douceur et l’humilité et nous savons que la vérité « passera » toujours au dessus de la haine. Mais si tel ou tel met en avant de mauvaises raisons auxquelles la haine publique s’alimente et prend vigueur, il est coupable de dénaturer le Christ, et ce n’est pas une petite culpabilité.


Abbé G. de Tanoüarn


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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /2010 17:45

Demain 20 avril première cérémonie des bobards d'or organisée par Polemia : Pujadas est donné gagnant.
Certes ce n'est pas très nouveau de savoir que la télé raconte tout et n'importe quoi avec les mensonges en plus.
Allez sur ce lien : http://polemia.com/bobardor/television.html

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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /2010 17:04

Pour les 25 ans de l'AGRIF,
tous à Villepreux
le dimanche 11 avril !

logoagrifweb.jpg


Le programme de la journée est ICI

L'entretien avec Bernard Antony,

président de l'Agrif, est LA

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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /2010 16:51

Si vous n’avez jamais vu le spectacle de la haine, regardez le dernier dessin de Plantu sur son site : http://www.plantu.net (qui n’est pas passé dans « Le Monde » – trop chaud ! Trop malhonnête ! Trop… De trop…).
On y voit le pape « prendre position » sur la pédophile (en réalité sur le dessin, il prend une position pédophilique, en tenant un enfant par les hanches).
Rien n’est suggéré sur ce dessin, tout est parfaitement explicite.
On est non seulement dans l’insulte, mais dans la diffamation pure et simple.
Ce dessin passe les limites de l’ignoble.
Pas seulement un sacrilège, mais une bombe armée.
Pour nuire à l’Eglise.
Nous pouvons annoncer que l’AGRIF porte plainte immédiatement contre ce dessinateur.

A. H.

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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /2010 11:54
« Le premier qui dit la vérité, il sera exécuté », dit la chanson. Pour l’avoir dite un peu trop fort sur Canal +, Eric Zemmour a en effet manqué être exécuté par Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du Figaro, qui l’avait convoqué le lundi 29 mars pour un entretien préalable à son licenciement.

Mal en a pris à Mougeotte. Sitôt la nouvelle connue, le standard, le site internet et la boîte aux lettres du Figaro ont été submergés de réactions indignées. L’hebdomadaire les 4 Vérités a mis en ligne une pétition de soutien au nouveau paria. Une manifestation a même été organisée devant les locaux du journal par le « fan-club » de Zemmour. Impossible de débarquer le gêneur dans de telles conditions. Le pacha du Figaro en a été réduit, pour ne pas perdre la face, à déclarer que son sulfureux journaliste avait rédigé une lettre d’excuses et que par conséquent, lui, Mougeotte, acceptait de passer l’éponge dans sa grande mansuétude. Quand on a une épée dans les reins, mieux vaut savoir se montrer magnanime…

Quant aux déclarations de Zemmour qui ont provoqué un tel tohu-bohu, sans doute n’est-il utile d’y revenir que pour mémoire : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C’est un fait. »

Pour le MRAP et la Licra, c’est du racisme. Pour l’avocat général Philippe Bilger, une évidence : « Je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce fait », dit-il. Ce qui vaut à Bilger d’être incontinent convoqué par le Procureur de Paris et rappelé à l’obligation de réserve par le Garde des Sceaux, Michelle Alliot-Marie.

Pas question, en effet, que des voix dissidentes se fassent entendre. Le métissage en cours de notre société et le souci de maintenir une paix civile de plus en plus fictive s’y opposent. Nos maîtres ne se rendent pas compte qu’à bâillonner une part de plus en plus large de l’opinion publique, qui soutient Zemmour parce que ses propos expriment ce qu’elle vit, ils font monter la pression et nuisent en définitive à ceux des immigrés qui se conduisent bien et travaillent honnêtement.

Je me permettrai, pour finir, un coup d’audace en écrivant ici que les Français blancs sont plus souvent impliqués que les autres dans la délinquance en col blanc. Le MRAP et la Licra ne devraient pas tarder à réagir contre cette déclaration raciste…

Hervé Bizien
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /2010 12:48
Faudra-t-il, comme en Belgique, mettre à l’amende les abstentionnistes pour convaincre nos concitoyens d’aller remplir leur devoir de bon républicains ? Ceux qui ne veulent pas être libres, on les y forcera, écrivait déjà Rousseau… Les Français sont-ils las de la liberté ? Ou se font-ils une autre idée de la liberté que celle que leur propose le régime, et qui consiste pour l’essentiel à glisser dans une enveloppe le nom d’un ou de plusieurs candidats estampillés par les partis politiques. Est-ce parce qu’elle sort de l’urne ? Cette liberté-là a un goût de cendre.

De toute évidence, elle séduit de moins en moins les Français. Que signifient les scores réalisés par telle ou telle faction, quand plus de la moitié des électeurs refuse de se prêter au jeu démocratique ? Au lendemain du premier tour des régionales, des commentateurs soulignaient sur une chaîne de radio que Martine Aubry évitait tout triomphalisme. Comme si le triomphalisme était de mise, pour quelque parti que ce soit !

Les socialistes ont obtenu les suffrages de 29 % de 47 % des électeurs inscrits : ça ne fait pas 12 % de l’ensemble du corps électoral. Quelle belle victoire ! L’UMP, parti présidentiel, n’atteint pas 11 % des inscrits. C’est une gifle sonore assénée à l’ensemble de notre gente politique, une manière de lui dire, à l’occasion d’élections qui passent – à tort – pour des élections mineures, qu’on l’a assez vue, qu’on n’en veut plus. Le plus étrange, dans ces conditions, n’est pas que nos politiciens s’abstiennent de triompher, mais qu’ils continuent de pérorer sur les plateaux de télévision. Rien ne leur apprendra l’humilité…

Au-delà de ce discrédit, il est une autre leçon à retenir de ce premier tour de scrutin. Comme les inévitables observateurs professionnels de notre vie publique n’ont pas manqué de le noter, c’est en particulier l’électorat de droite qui s’est abstenu. Bayrou, l’ex-troisième homme des médias, disparaît ; l’ UMP s’enfonce, tandis que le Front national refait – timidement – surface. Il aurait cependant bien tort, lui aussi, de se réjouir trop bruyamment : 12 % de 47 % ne représentent pas même 6 % des électeurs inscrits. Si l’on s’en tient à la tendance exprimée, cependant, il apparaît que les Français rejettent massivement le centrisme et sanctionnent l’ »ouverture » à gauche pilotée par le président de la République.

Après s’être fait élire sur un discours à tonalité droitière par un électorat de droite, Nicolas Sarkozy a conduit une politique de gauche, cocufiant ceux qui lui avaient fait confiance. De cette tromperie naît le divorce.

Parce qu’ils confondent l’écho médiatique avec l’opinion publique, les politiciens de la droite parlementaire commettent depuis des décennie la même erreur, qui consiste, sitôt élus, à faire à la gauche les yeux de Chimène. La seule politique qu’ils se sont refusés à tenter, celle qu’ils refusent absolument d’appliquer, c’est la politique d’ouverture à droite dont un Berlusconi a donné l’exemple en Italie. Cette politique-là assurerait durablement la droite au pouvoir pour la plus simple des raisons : la grande majorité des Français est de droite.

Malheureusement, Nicolas Sarkozy, lui, ne l’est pas ; c’est pourquoi il n’est pas exclu – il est même prévisible, au contraire –, que la gauche, minoritaire dans le pays, revienne aux affaires en 2012.

Hervé Bizien

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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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