Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 13:59
Le 25 février, à l’initiative du gouvernement, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une loi qui, sous prétexte de protéger les femmes contre les violences exercées par leurs conjoints, représente un véritable danger pour les familles.

Notre propos, en dénonçant ce danger, n’est évidemment pas de disculper ou de défendre les époux – ou les « compagnons » – indignes qui battent leurs femmes.

La nouvelle loi est dangereuse pour les familles, à deux égards au moins. En premier lieu, elle en dénature l’image : j’entendais récemment sur une radio nationale le rédacteur en chef du Nouvel-Observateur se féliciter des mesures adoptées, en expliquant que c’était dans l’intimité familiale que les femmes étaient le plus menacées. La famille, le couple sont déjà fragilisés : les voilà mis au ban d’infamie.

Un grand quotidien – Le Parisien, pour ne pas le citer – annonçait à la une des « statistiques » effrayantes : 160 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint (ou concubin). C’est évidemment tragique. Mais si l’on établit des statistiques, justement, ces 160 cas représentent moins de 0,001 % des quelque 14,7 millions de couples recensés en France. (Notons que figure parmi eux le chanteur bien-pensant Bertrand Cantat, que notre bonne presse s’est citoyennement empressée d’absoudre et auquel elle continue de tresser des couronnes.)

Le deuxième danger concerne la notion de « violences psychologiques », désormais punie de 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amendes. Elle est dangereuse pour deux raisons : d’une part, elle menace le patrimoine familial, puisqu’une amende, à l’inverse de dommage-intérêts, est payée à l’Etat. D’autre part et surtout, elle introduit davantage encore qu’ils ne l’étaient déjà le policier et le juge dans l’intimité des couples. Elle prétend légiférer dans un domaine sensible, auquel n’accédaient jusqu’ici, avec l’assentiment des intéressés, que le « psy », le conseiller conjugal ou le prêtre.

Les magistrats eux-mêmes n’en demandent pas tant. En hommes de métier et de terrain, ils prévoient déjà à quelle impasse la démagogie des politiques va les conduire. « Il s’agit, une fois encore, d’une loi d’affichage et de communication, déclarait dans Le Monde du 26 février Chritophe Vivet, secrétaire national de l’Union des magistrats (USM) et procureur-adjoint à Grenoble. « Etre désagréable de manière répétée, critiquer sans cesse sa compagne, est-ce une violence psychologique au sens pénal ? Il y a un vrai risque d’arbitraire dans ce texte qui va autoriser la justice à s’immiscer dans la vie privée des couples. »
Par ailleurs, on peut prévoir que la nouvelle loi menacera aussi bien les femmes que les hommes. Pour la justifier, le secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano, affirme : « J’ai rencontré des femmes dont les conjoints ne cessaient de les rabaisser, de les humilier. Elles sont psychologiquement détruites. » L’inverse se rencontre aussi et les hommes n’ont pas le monopole de la manipulation ou de la perversité.

Comment qualifier objectivement, en effet, ce qui relève de la violence psychologique ?
 
On frémit en écoutant le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier : « Il ne s’agit pas de pénaliser les tensions au sein d’un couple, mais de sanctionner de véritables violences qui ont causé un préjudice à la victime ».

Quelle forme de préjudice ? Comment l’établir ? Va-t-on poser des micros sous les tables à manger, des caméras de vidéo-surveillance dans les chambres à coucher, planquer des inspecteurs La Vertu sous les lits ou dans le placard aux amants ? On n’en est pas loin ; Guillaume Didier répond sans rire : « Pour cela, les magistrats pourront s’appuyer sur tout élément de preuve : des certificats médicaux, des témoignages de proches, des expertises, des lettres, des messages enregistrés sur un répondeur, des SMS ou des relevés d’appels téléphoniques qui révèlent un véritable harcèlement. » Des relevés d’appels téléphoniques pour prouver l’existence d’un hypothétique harcèlement au sein d’un couple ?…

On a le sentiment que rien de tout cela n’a été pensé. Aucune leçon n’a été tirée non plus des expériences passées, par exemple de la multiplication des accusations d’inceste, souvent fantaisistes, dans les procédures de divorce, où tout est bon pour faire pencher en sa faveur la balance judiciaire. On imagine sans difficulté sur quels abus la nouvelle loi risque de déboucher et ses conséquences sur le cours d’une justice que l’on sait déjà débordée par l’ampleur de sa tâche. Comme s’il n’était pas assez fragilisé, on introduit dans le couple de nouveaux germes de guerres intestines.

Si ce monument d’imbécillité juridique a toute chance d’empoisonner les procédures de divorce, on voit mal quelle sera son efficacité sur le « terrain », en particulier dans les cités de banlieue, où les « violences psychologiques » faites aux femmes au nom de l’islam ou de la coutume ne manquent pas. Comment le gouvernement envisage-t-il de les réduire, quand l’apparition d’un policier dans certains de ces quartiers suffit à y déclencher une émeute ?

« Il faut légiférer non pour l’affichage, mais quand le droit n’est pas suffisant ou plus pertinent », rappelait un éditorial du Monde du 26 février en commentant la création de ce nouveau délit. Il est dommage que nos politiques ne s’en soient pas avisés eux aussi. Ça l'affiche mal.

Hervé Bizien


Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 21:50

Chers Amis,

Famille et Liberté lance un appel à François Fillon et à Xavier Bertrand, afin qu'ils sanctionnent Chantal Jouanno, membre du gouvernement et tête de liste de l'UMP à Paris, pour les élections régionales, à la suite de la position qu'elle a prise en faveur de l'adoption par des couples homosexuels.

Je vous invite à signer notre pétition à www.familleliberte.org

et à transmettre cet appel à votre carnet d'adresse.

Bien fidèlement à vous.

Christian Vanneste

Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 19:22
Pas besoin d’être sur Facebook pour avoir entendu parler de ces fameux groupes d’amis dans lesquels vous pouvez déclarer votre flamme à Eric Zemmour, parce que vous êtes fans du « Premier sexe » ou à Elisabeth Badinter, parce que vous signez tous ensemble pour lui procurer ce cœur qui semble tellement lui manquer. L’histoire ne dit pas si une simple greffe suffirait, mais c’est amusant ! Parfois pourtant cela dépasse les bornes.
Dans ce cadre sympathique où les amis batifolent dans le virtuel et où, chers amis, vous ne me trouverez pas, l’agence Novopress vient de découvrir un lièvre, et d’un bon poids ! Figurez-vous que parmi ces groupes d’amis, il y a aussi des groupes d’ennemis. Le but n’est plus alors de déclarer sa flamme mais de vouer aux flammes la personne que vous détestez le plus au monde.
C’est ainsi que s’est créé récemment un grouper de discussion sur le thème : « Courir nu dans une église en poursuivant l’évêque ». Novopress précise les circonstances qui constituent ce dossier virtuel : « En ouverture de la page Facebook, une photo d’évêque. Pas un évêque virtuel, un vrai. En fonctions. Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin depuis 2008 et président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale. Au passage, il est titulaire d’un DEA de théologie morale à l’Institut catholique de Paris. A ce jour, le groupe compte près de 12 000 « fans ». Pour être précis : 11 936. Tous morts de rire ! ». Il y a 12 000 crétins s’imaginer à poil ventre à terre derrière Mgr Giraud, dont je précise, pour ceux qui ne le connaissent pas que son apparence désespérément Bon Chic Bon Genre lui laisse le charisme d’un beignet… Cette fantasmatique extrêmement riche allait rapidement connaître un déploiement inédit, puisque l’un des satyres ou l’une des ménades, qui se sont inscrits à cette bacchanale virtuelle a posé la question fatale : « Qu’est-ce qu’on fait quand on l’a attrapé ? ». Les réponses manifestent une imagination débordante, ou plutôt cette curieuse ingéniosité qui révèle le cérébral en manque. Ecoutez encore Novopress : « Le 18 février, l’un d’eux lance : « Qu’est-ce qu’on en fait une fois qu’on l’a attrapé ? » Une minute après, la première réponse fuse : « On le crucifie la tête en bas en lui chatouillant les couilles avec un foetus mort. » Mgr Giraud est membre de la commission d’éthique de l’Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant à Paris (1991-1994). Un autre internaute bondit : « On le viole, et le force à écrire “Fuck Of my Lord“ sur le mur de l’église. » Puis un troisième : « On l’attache à une chaise puis on apporte une bonne sœur et on baisse la culotte de la bonne sœur devant lui et là  c’est le drame  » Et un quatrième : « On lui montre une vidéo de Michael Jackson avec des enfants pour le rendre jaloux. » 
Notez juste les prénoms des petits violeurs virtuels : Thomas, Benjamin, Maxime, Baptiste, bref des petits Franchouillards bien de chez nous, qui détestent, oh ! non pas leur évêque, ce serait lui faire trop d’honneur, mais l’idée même qu’il puisse y avoir un évêque.
Pour la petite histoire « Un autre groupe, tout aussi crétin, s’est créé sur Facebook : « Courir nu dans une mosquée en poursuivant l’imam ». Celui-ci ne compte que 72 membres. Et les commentaires ne relèvent pas de la même approche. L’un s’insurge contre ce groupe « irrespectueux ». Un autre écrit : « Vous vous rendez compte que ce que vous dites est non seulement une insulte à l’Islam mais aussi une insulte à la laicité […] Se moquer de quelqu’un à cause de ses convictions religieuses c’est comme se moquer de quelqu’un à causes de ses préférences sexuelles. »
L’anticléricalisme de grand papa aurait dû mourir faute de combattants. Le fait est que, au compteur de Facebook, la catophobie est bien plu fréquente que l’islamophobie.
Claire Thomas

Toutes les photos sont sur Novopress. Allez voir cela vaut le détour…
 
NDLR : avis aux "facebookiens" si vous êtes vous aussi choqués, rejoignez ce groupe

Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 14:15
Au sein de l’équipe de François Fillon, Luc Chatel cumule les casquettes de ministre de l’Education nationale et de porte-paroles du gouvernement. C’est à dessein que je mets au pluriel le mot « paroles », car ce politicien en a plusieurs selon les interlocuteurs auxquels il s’adresse.
Il vient de le montrer, dans ses fonctions de ministre de l’Education, à propos du film d’animation Le Baiser de la lune. Je rappelle que ce court-métrage signé Sébastien Watel, qui met en scène les amours de deux poissons homosexuels sous le regard d’une vieille chatte archaïque, devait initialement être diffusé dans les classes de CM1 et de CM2.
Il a provoqué une tempête de protestations, relayée par de nombreux blogues, sites Internet, journaux et associations. Une pétition, mise en ligne par le site des 4 vérités*, a recueilli près de 20 000 signatures. Le Collectif pour l’enfant, les Associations familiales catholique, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, ont pris position contre le projet, ainsi que plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien ministre Christine Boutin.
Devant cette levée de boucliers, les ministères de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports ont demandé à Sébastien Watel de retirer leurs logos de la liste des partenaires officiels du site et Luc Chatel lui-même a convenu que le court-métrage n’avait « pas vocation à être diffusé en primaire à l’école ». Ce n’était qu’une victoire à la Pyrrhus, puisque le ministre annonçait qu’il serait en revanche présenté dans les collèges et les lycées : il semblerait donc que la promotion de l’homosexualité soit désormais intégrée dans les programmes de l’Education nationale…
Les optimistes qui – comme nous – s’étaient toutefois félicités de cette fausse victoire, en considérant qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, vont devoir déchanter. Le site Internet du magazine homosexuel Têtu fait état, en effet, de la rencontre qui a eu lieu, le 15 février dernier, entre Chatel et les représentants d’un « Collectif Education contre les LGBTphobies en milieu scolaire » et de plusieurs associations « inter-LGBT » (entendez lesbiennes, gays, bi et transsexuels ). Au cours de cette entrevue, le ministre aurait assuré ces militants du lobby homosexuel que les enseignants du primaire qui choisiraient de diffuser le Baiser de la lune dans leur classe ne seraient pas sanctionnés, et qu’ils en avait la « liberté pédagogique ».
Pour en savoir plus, nous avons contacté le service de presse du ministère.
Quant à l’exactitude des informations rapportées dans Têtu par Philippe Castel, représentant de l’« Inter-LGBT », le service de presse nous a indiqué qu’il n’y avait pas de raison d’en douter.
Quant à la « liberté pédagogique », il apparaît que « dans l’Education nationale, l’enseignant n’est pas censé rendre compte des supports pédagogiques qu’il utilise. » Peut-il donc utiliser n’importe quel support pédagogique ? « Oui, nous a-t-on répondu, pourvu qu’il soit labellisé par l’Education nationale ».
La question se pose donc de savoir si, oui ou non, le film de Sébastien Watel a été labellisé par l’Education nationale comme un outil pédagogique pouvant être utilisé à l’école primaire. Dans l’impossibilité de nous répondre, notre interlocutrice au service de presse du ministère nous a dirigé vers la personne chargée du dossier à la région Bretagne, qui nous a elle-même renvoyés vers l’inspection d’académie d’Ille-et-Vilaine, où l’on nous a fait savoir que M. l’Inspecteur était en vacances…
Qu’à cela ne tienne, nous attendrons qu’il en revienne. En tout état de cause, il apparaît pour l’instant, soit que Luc Chatel n’a qu’une notion assez floue de ce que recouvre la « liberté pédagogique » ; soit que le Baiser de la lune est bel et bien labellisé par l’Education nationale en tant qu’outil pédagogique utilisable dans les écoles primaires.
Au reste, la différence est mince. Philippe Castel résume très bien la stratégie politicienne du ministre, en expliquant sa « prudence » par le désir de ne pas « se mettre à dos un électorat conservateur » en période pré-électorale. Ce qui signifie clairement, d’une part, que le ministre est en réalité d’accord avec les représentants du lobby homosexuel, et, d’autre part, qu’il nous prend pour des gogos. En quoi il ne diffère guère de l’ensemble du gouvernement.
C’est ainsi que, depuis longtemps, sont trahies les droites.

Hervé Bizien

* Le site des 4 Vérités a lancé une deuxième pétition pour demander à Luc Chatel de clarifier sa position, en confirmant ou en démentant officiellement les propos que lui prête Têtu.
Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 14:30
XAM&VLe Forum Catholique, couramment nommé FC par ses fans, fête ses dix ans en septembre prochain. Une occasion de faire le point avec son fondateur, Xavier Arnaud, sur l’influence de ce vecteur traditionaliste sans équivalent et sur les conditions de son fonctionnement…

Comment définiriez-vous la ligne du Forum Catholique dans la blogosphère catholique actuelle?
Le Forum Catholique se veut être un espace de discussions entre catholiques attachés à la messe grégorienne en étant fidèles au Magistère romain. La particularité du forum réside dans la multiplicité de ses rédacteurs puisqu'il compte à ce jour plus de 2 100 contributeurs plus ou moins réguliers. Ce sont autant de sources variées pour dénicher une information et la porter rapidement à la connaissance des internautes. C'est aussi une bonne caisse de résonance pour toute initiative locale ou pour tout webmestre qui souhaite annoncer la mise à jour de son site. Il me semble également que le Forum Catholique échappe un peu au côté parfois un peu "parisien" de la blogosphère catholique. Cela est certainement dû à l'hétérogénéité des intervenants qui sont présents sur plusieurs continents, essentiellement en Europe, en Amérique (du Nord et du Sud) et en Afrique.
Acceptez-vous que l'on puisse tout dire sur ce grand site du débat inter catholique?
Sur le principe, oui. Contrairement à certaines idées reçues, il y a peu de censure sur le forum. Nous ne refusons pas une discussion dès lors qu'elle se déroule dans un esprit courtois. Il est en revanche certaines thèses que nous souhaitons modérer par principe, car elles nous semblent contraires à la foi catholique. C'est ainsi par exemple que nous ne souhaitons pas que soit abordée la question du "sédévacantisme", cette thèse selon laquelle le pape n’est pas pape…
La censure des internautes désagréables, cela se passe comment concrètement?
Le Forum Catholique compte plusieurs modérateurs qui agissent de concert pour tenter d'encadrer les discussions, de les contrôler et d'éviter des dérapages verbaux que cet exercice rend possibles. Ces modérateurs sont volontairement issus de familles catholiques diverses, chacun pouvant ainsi réagir en fonction de critères qui lui sont propres. Un mot qui peut ne pas choquer untel peut être perçu comme une vexation par un autre. Notre diversité permet, je le pense, de rester objectif.
Y a-t-il des conditions à remplir pour s'inscrire sur votre Forum ou n'importe qui peut-il le faire?
Là encore, le Forum Catholique a ceci de spécifique que les internautes sont invités à motiver leur inscription au forum en spécifiant ce en quoi ils pensent pouvoir apporter au débat. Je me suis refusé à mettre en place un système de formulaire qui permettrait une inscription automatisée. De la même façon, tout nouvel inscrit est invité à se présenter lorsqu'il intervient pour la première fois. Cela permet à chacun de savoir qui discute avec lui et quelles sont ses motivations, voire sa culture catholique.
Combien de connexions avez-vous chaque jour? Quelle est votre clientèle?
Le Forum Catholique enregistre un peu plus de 10000 visites quotidiennes. Chaque mois, ce sont plus de 5 millions de pages lues. Ce qui est important, c'est de constater que la "clientèle" du forum, pour reprendre votre terme, est très diverse, et de plus en plus institutionnelle, qu'il s'agisse de responsables religieux ou de journalistes qui viennent y trouver une information ou prendre la température des catholiques attachés à la forme extraordinaire du rite romain.
Quels sont les principaux "scoops" que vous avez pu faire émerger dans les médias?
Nous ne recherchons pas forcément le "scoop". En revanche, nous apportons un soutien aussi appuyé que possible à des communautés qui peuvent connaître des difficultés. Je pense par exemple au rôle qu'a tenté de jouer le forum lors de l'incardination de trois prêtres de la Fraternité Saint-Pierre à Lyon, qui devait déboucher sur le départ de la Fraternité du diocèse. Cette affaire a été extrêmement médiatisée. Cela a incité l'archevêché à adoucir sa position jusqu'au maintien de la Fraternité dans le diocèse. Nous avons aussi apporté notre soutien à l'abbé Michel, le curé de Thiberville, en diffusant pendant plusieurs jours la liste de tous les contacts possibles pour le soutenir. Je crois que le FC a aussi tenu un certain rôle lors de la crise qu'a connue la Fraternité Saint-Pie X au moment du départ de certains prêtres comme les abbés Laguérie et de Tanoüarn. Il me semble que le FC a un rôle à jouer afin de donner la parole à ceux qui peuvent subir une situation en étant aux prises avec une hiérarchie qui a priori, sans nous, aurait la totale maîtrise de la communication.
Vous vous appelez Forum catholique et vous accueillez surtout des traditionalistes. Comment expliquez-vous que ce sont les traditionalistes qui sont à la pointe dans le domaine des blogs et des forums?
Amon avis, cela trouve son origine dans le fait que les catholiques traditionnels ont souvent été muselés. On leur a dénié même le droit de bénéficier d'offices religieux correspondant à des aspirations que le pape Benoit XVI a lui-même reconnues comme légitimes. Il y a donc une réelle culture de résistance dans ces milieux. Il était naturel qu'avec l'avènement du net ceux-ci en tirent profit pour faire enfin entendre leur voix. Il reste aussi des causes accidentelles que l'on ne peut toujours prévoir. En août 2000, lorsque je l’ai fondé, il m'était difficile d'envisager que le FC puisse un jour connaître la notoriété qui est la sienne aujourd'hui. C'est en effet la succession des événements qui ont touché les catholiques traditionnels (crises de la FSSP et de la FSSPX, création de l'IBP, motu proprio, levée des excommunications par exemple) qui en ont fait une tribune importante pour communiquer et s'informer.
Pensez-vous que la culture Internet possède intrinsèquement un caractère démocratique?
Internet est en effet ouvert à tous. L'essor des blogs fait que chacun est à même d’écrire n'importe quoi sur n'importe quel sujet, avec le risque de diffuser des erreurs. Dans le cadre du forum, nous tentons de limiter ce risque, mais ce n'est pas toujours facile, notamment à cause des moteurs de recherche qui recensent y compris les propos malheureux. J'aimerais que des prêtres puissent intervenir plus régulièrement sur le forum, pour éviter cet écueil. Mais tous ne sont pas disponibles pour le faire sur la durée. C'est, je le pense, LA limite du genre. Elle n'est pas neutre.

Propos recueillis par Alain Hasso


Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 13:04
Elle avait une quarantaine d’années. Un « beau » jour de 2007, à Jabal Akhdar, un quartier du centre d’Amman, capitale de la Jordanie, elle a été tuée par son frère âgé de 21 ans. Pas pour l’une quelconque de ces raisons qui « justifient » régulièrement les fameux crimes d’« honneur ». Mais parce que, possédant un téléphone portable, elle l’utilisait fréquemment. Trop fréquemment, semble-t-il, pour ne pas engendrer la suspicion de son petit frère…
Arrêté peu après son crime, le petit frère a reconnu avoir poignardé sa sœur parce qu’il ne supportait pas ce que son attitude avait de suspecte. Le tribunal l’a alors condamné à mort pour assassinat.
L’histoire pourrait s’arrêter là. Sauf que la sentence n’a toujours pas été exécutée. Et qu’elle ne le sera jamais. La famille a en effet décidé de ne pas faire valoir ses droits légaux. De ce fait, dimanche dernier, le tribunal a commué la peine de mort en une autre, plus clémente, de dix ans d’emprisonnement…
On sait que le Parlement a refusé par deux fois de réformer le code pénal pour aggraver les peines encourues par les auteurs de ce genre de crime. Dès lors, pour l’Etat comme pour la justice, pour la famille même, la chose est claire. S’il est difficile de ne porter aucune condamnation contre un homme qui tue sa sœur, sur une simple suspicion qui plus est, il est manifeste que la sœur a bien moins d’importance que son frère ; bien moins surtout que l’« honneur » de la famille.
Que celle-ci se rassure ! Lorsqu’il sortira de prison, le petit frère n’aura que 30 ans ; et il lui sera toujours loisible de veiller à ce que ses autres sœurs (s’il en a) ou ses cousines, voire ses voisines, ne violent pas impunément l’« honneur » familial.
Olivier Figueras
Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 08:23

L’Etat a vendu lundi à la Russie le siège parisien de Météo France, poursuivant ainsi la cession de bâtiments ou inutiles, ce qui lui a déjà rapporté 3 milliards depuis cinq ans.

« Soucieux de couper court à toute nouvelle polémique », assure l’AFP, le ministère du Budget affirme, dans un communiqué, que « cette opération a suscité l’intérêt de nombreux investisseurs français et internationaux. A l’issue de cet appel d’offres, l’Etat a retenu la proposition assortie du prix le plus élevé [on parle d’au moins 60 millions d’euros]. Celle-ci émane de la fédération de Russie. »

On n’en saura pas plus, ni de l’agence de presse, ni du ministère sur cette évocation polémique. Mais ceux qui ont lu l’édition de la semaine dernière de notre confrère Minute (www.minute-hebdo.fr) – et, nous pouvons le dire ici, qui liront l’édition prochaine – savent que l’Arabie Saoudite (ainsi que le Canada) étant sur les rangs des acquéreurs, il était question, ni plus ni moins, de transformer ces locaux en centre culturel et cultuel. Autrement dit : en mosquée. Et que ce n’est sûrement pas pour une question d’argent

Construit en 1948 pour les services de la Météorologie nationale, le bâtiment de plus de 8 000 m2 cédé lundi est situé sur les quais de la Seine, à proximité de la tour Eiffel, dans le VIIe arrondissement de Paris. Quant au siège de Météo France, où travaillent 430 personnes, il doit déménager à Saint-Mandé dans un bâtiment neuf qui abritera aussi l’Institut géographique national.

Si l’on en croit un porte-parole de l’ambassade de Russie à Paris, il devrait être transformé en « un centre spirituel et culturel qui pourrait comprendre une église et un séminaire ».

Cette nouvelle opération, après le déménagement des douanes en 2005 aux portes de Paris, eux aussi dispersés sur plusieurs sites, s'inscrit dans le cadre de la rationalisation du patrimoine immobilier public engagée en 2005.

Bercy a tenu à préciser que 15 % des quelque trois milliards d’euros récupérés au cours des cinq dernières années par le biais de cette politique de cession ont été affectés au remboursement de la dette.

Le rythme des cessions immobilières s’est cependant ralenti depuis 2008 dans le contexte de la crise. Ainsi, après 820 millions d’euros en 2007, l’Etat n’a récolté que 395 millions en 2008, et 475 millions en 2009. En 2010, l’objectif qui table sur une reprise du marché a été fixé à 900 millions d’euros.

Pour l’heure, l’Etat est actuellement propriétaire d’environ 12 millions de mètres carrés, d’une valeur estimée à 53 milliards d’euros.

Si l’on peut estimer que cela laisse une certaine marge, certains n’en ont pas moins critiqué récemment la politique immobilière de l’Etat. Ainsi Philippe Séguin avait-il accusé, fin octobre, le gouvernement de Nicolas Sarkozy de « liquider les bijoux de famille ». Mais sans doute feu le Premier Président de la Cour des comptes pensait-il s’adresser à un hongre…

Olivier Figueras

Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 08:04

Connaissez-vous Robert le Gall, l’évêque de Toulouse, l’homme en violet de la Ville rose ? D’après notre confrère de Perepiscopus, il vient de donner – le 2 février, pour la Chandeleure - un entretien plutôt coton à La Dépêche du Midi sur le thème de l’identité nationale. Son obsession ? manifester qu’il est un homme de paix et de dialogue. Cela donne des lapalissades comme : « Il faut apprendre à se connaître avec les autres religions, musulmane ou juive. Par exemple, la mosquée sur le périphérique a le droit d'exister. C'est normal que les autres religions aient leur espace de vie. Je suis heureux qu'il y ait une mosquée à Toulouse » Nous reconnaissons une rhétorique très répandue, qui vole en ronronnant au secours de la victoire ou plutôt qui se tient avec délectation dans le fait accompli comme si elle en était à l’origine.

Mais je voudrais souligner deux « petites phrases » qui me semblent indignes d’un évêque, mais qui, en même temps caractérisent tout à fait un mode opératoire simplement suicidaire.

La première est énorme. Sur le ton paisible de celui qui est « un artisan de paix professionnel », l’évêque déclare : « La France n’est pas un pays totalement musulman ». Vous avez bien lu : pas totalement. En français, le synonyme de « pas totalement c’est « presque ». la France est presque un pays musulman mais quand même pas totalement. La première petite phrase caractéristique du mode opératoire épiscopal, c’est de valoriser l’adversaire.. A priori, il est plus fort que soi. A priori, il a déjà gagné (ou presque). A priori, face à l’islam, le christianisme est en position d’infériorité sur le plan quantitatif, sur le plan de l’efficacité et sur le plan du destin historique. La France n’est pas un pays totalement musulman, mais elle est un pays musulman… Est-elle un pays chrétien ? « Nos racines sont chrétiennes » concède l’évêque. Le christianisme, c’est le passé (les racines). L’islam c’est le présent, même si ce n’est pas encore totalement le cas. « Notre pays s'est construit à partir d'intégrations successives et massives »… La dernière intégration massive, suivez mon regard, est bien évidemment celle de l’islam, face auquel le christianisme se considère déjà comme une survivance (les racines).

La seconde petite phrase est absurde. Je lis : « adopter une position de défense n'est jamais très bon ». Ce genre de phrase qui se donne elle-même comme une évidence recèle une sorte de perversion de l’esprit qu’il est criminel de diffuser. Adopter une position de défense signifie simplement que l’on est l’agressé et qu’il y a un agresseur. Si l’on n’adopte pas une position de défense en fonction de l’agresseur, même potentiel, cela signifie que l’on accepte d’emblée l’idée de perdre et que l’on ne cherchera même pas à conjurer le sort. Cet impératif catégorique : il ne faut pas se défendre, ce n’est jamais très bon, est au cœur de la moraline chrétienne. C’est un dissolvant puissant.

Les évêques étaient considérés autrefois comme « les gardiens du troupeau ».  Ils sont aujourd’hui les annonciateurs de la faillite dont ils se font les syndics au quotidien. Et face à la faillite annoncée, il est interdit de se défendre, au motif que « ce n’est pas très bon ».

Jean-Louis Vandelle

Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 16:33

Ca y est : on reparle du communisme. Ce grand système que l’on croyait mort depuis la chute du Mur de Berlin continue à passionner les intellectuels. Il ne faut pas oublier que c’est Platon qui, le premier, a développé l’idée communiste, en s’appuyant d’ailleurs sur les réalisation sociales étonnantes de la grande rivale d’Athènes : Sparte. Education collective des enfants, discipline de fer, communisme des femmes, égalité stricte des hommes et des femmes (« ce que fait un cheval, une jument ne le fait-elle pas aussi ? » demande le Socrate platonicien avec sa légendaire sagesse). Oui, tout cela est dans Platon. Et ce n’est pas le passage de témoin manqué entre Brejnev et Gorbatchev qui va interdire aux intellectuels de cultiver le fantasme du communisme.

Cette semaine, Le Monde distribue à prix cassé le Manifeste communiste de Karl Marx. Et les intellectuels occidentaux intéressés par le sujet se sont groupés pour essayer de définir la figure du communisme, tel qu’il peut encore exister, ce que Alain Badiou, l’actuel Mentor de cette génération orpheline d’idéologie et qui ne se résigne pas à l’être, appelle prudemment « l’hypothèse communiste » ou encore (c’est le titre du recueil des conférences qui vient de paraître) « l’idée du communisme ». Il n’en faut pas davantage pour que Le Monde des Livres, sur quatre grandes pages, invoque « le spectre du communisme ». Un spectre qui trouble encore les bourgeois libéraux, il faut croire !

Au même moment, au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis est venu parler non pas de l’idée communiste, mais de la méthode d’analyse et d’observation proposée par Karl Marx dans Le Capital.

Dans les années Soixante, souvent, les curés, « dans leur volonté farouche de vivre et de mourir à l’avant-garde de leur siècle » (Bernanos), faisaient profession de marxisme. Mais ils isolaient la pensée idéaliste du jeune Marx (celui de l’Idéologie allemande) et ils snobaient le Capital et le Marx matérialiste, celui de la maturité. Le calcul du Père Jean-Yves Calvez, jésuite, mort le 11 janvier 2010, était simple : le matérialisme c’est mal. L’idéalisme c’est bien. Idéalisons Marx, il ne pourra que se bonifier et on en fera une référence acceptable pour les Bulletins paroissiaux en tous genres. On pourra, à travers lui glorifier l’homme et sa capacité non pas seulement à contempler le monde mais à le changer.

Calcul faux, qui a emmené l’Eglise sur les pentes glissantes de la théologie de la Libération. Ce calcul me fait irrésistiblement penser à une question posée par Charles Maurras au jeune Henri Massis qui venait le voir : « Jeune homme, qu’est-ce qui est le plus faux, le matérialisme ou l’idéalisme ? » Et Maurras de conclure sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre : « C’est l’idéalisme, parce qu’il ment plus ». Dieu sait que l’idée du culte de l’homme a fait des ravages dans la liturgie, dans la théologie, dans les méthodes catéchétiques ! Dieu sait que cet idéalisme de gauche a fait des petits parmi les clercs, qui votent souvent pour des candidats d’ultra-gauche.

Au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis nous expliquait que l’idée du communisme était un leurre politique, que Marx lui-même ne l’avait jamais développé comme tel et que seul compte la méthode d’analyse et d’observation mise au point, ce matérialisme historique qui distingue partout les forces productrices (les travailleurs) et les rapports de production (le système qui fait tenir ensemble l’esclave et son maître, le seigneur et son paysan, le patron et son ouvrier).

Certes les prophéties marxistes sont toutes fausses (il n’y a pas eu de paupérisation universelle attendue par l’auteur du Capital). Mais la description qu’il donne de la vie sociale en Occident à la fin du XIXème siècle n’est pas forcément sans intérêt, empruntant d’ailleurs beaucoup aux historiens louis-philippards que sont Guizot et Augustin Thierry.

Que faut-il garder du communisme ? Surtout pas son idée, cette idée au nom de laquelle on a fait des millions de morts au cours du XXème siècle. Surtout pas cette idée qui a vidé les églises plus efficacement encore que le consumérisme sans entrailles qui s’impose aujourd’hui. Mais la méthode d’analyse et d’observation mise au point par Karl Marx reste une manière séduisante d’organiser l’empirie. Oui, c’est une sorte d’empirisme organisateur, qui fonctionne encore pourvu qu’on veuille bien observer les faits sociaux tels qu’ils sont.

Il y a trente ans encore, Jean-Paul Sartre expliquait doctement que « le marxisme est l’horizon indépassable de l’esprit humain ». Le pire ? C’est qu’il était sincère. Aujourd’hui nous en sommes réduits à un  laborieux exercice d’inventaire sur l’idée et sur la méthode du marxisme, qui, il ne faut pas se le cacher, recèle quelque chose de macabre. Nous intervenons sur un système, mais c’est une intervention qui ne sauvera rien ou presque rien, une intervention post mortem, juste capable de prélever un organe ici ou là, en vue d’une greffe éventuelle.

Alain Hasso

Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 15:21

statue.gif On y croit ! La statue de Charles Maurras dirigeant historique de l’Action française, située Place Carnot, à Rouen n'aurait pas été décapitée d'après un communiqué de la municipalité de Rouen, daté du 3 février mais aurait été victime d’un coup de gel... ben voyons. Le gel hop ! il a coupé que la tête de Maurras. Cette statue de Maurras fait partie du monument rendant hommage aux soldats morts lors de la grande guerre (14-18) et est une œuvre réalisée par Maxime Réal del Sarte. Elle représente deux Poilus montant la garde, dont l'un porte les traits de Maurras, clin d’œil de Réal del Sarte au Maître. Elle a été réalisé en 1926. La municipalité promet de restaurer la statue, wait and see !

Jean-Marie Molitor
Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés