Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 12:09

Je l’avoue ! J’ai été piégé par le titre de cette dépêche de l’AFP : « L’euro fort dangereux pour la reprise économique », comprenant un peu vite qu’il s’agissait d’une remise en cause de la monnaie unique ; ce qui, dans la bouche du futur Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaire, le libéral finlandais Olli Rehn, constituait une véritable révolution.

En réalité, ce dernier s’en prenait au taux de change de l’euro par rapport au dollar et au yuan, taux qu’il considère être « un risque potentiel pour la reprise européenne ».

On le comprendra sans peine, cette cherté de l’euro est favorable aux exportations américaines et chinoises, et pénalise, en revanche, les nôtres.

Cela dit, Olli Rehn « trouve intéressant et en fait prometteur que la Chine veuille s’engager dans une coordination multilatérale des politiques monétaires et des taux de changes ».

Ce commentaire appelle quelques remarques. En effet, il n’est pas dit que la compréhension chinoise d’une telle coordination corresponde à ce que l’on imagine à Bruxelles – et quand cela serait… A moins d’admettre, comme ses autorités politiques l’affirment, que Pékin a contribué activement à lutter contre le réchauffement climatique à Copenhague – et de façon efficace, si j’en crois le thermomètre.

En effet, on imagine mal la Chine, qui a considérablement fait croître ses exportations ces dernières années au détriment de nos propres industries que ne protégeait plus un honteux protectionniste, renoncer à une telle manne, alors même qu’elle vient d’annoncer une nouvelle augmentation de 17,7 % au mois de décembre, pour atteindre les 1 200 milliards de dollars sur 2009.

La Chine, supplantant l’Allemagne, est ainsi devenue le premier exportateur mondial. Il est vrai qu’il est devenu extrêmement difficile de ne pas s’habiller chinois, de ne pas manger chinois, de ne pas jouer chinois, de ne pas rouler chinois (le secteur automobile ayant dépassé l’année dernière les 13,5 millions de véhicules…), etc.

Point n’était besoin, dans ces diverses conditions, de boule de cristal, vendredi, au directeur général de l’OMC Pascal Lamy pour nous annoncer que la sortie de crise n’était pas garantie en 2010

On peut noter au passage que Pascal Lamy continue, avec un certain ridicule, à classer la Chine parmi les pays émergents. Sauf à comparer avec les pays immergés (dans la crise) que nous sommes devenus !

Olivier Figueras

Par monde et vie
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 08:18

Un évêque s’en prend au plus dynamique des curés de son diocèse, l’abbé Francis Michel curé de Thiberville. Il annonce sa mutation et le cœur de la Normandie prend feu. Entre Pays d’Ouche et Pays d’Auge commence une « pieuse jacquerie », comme dit Jean Mercier, qui n’a pas fini de faire du bruit.

Mgr Nourrichard le malencontreux évêque d’Evreux, qui a si bêtement raté son coup dimanche dernier, en venant en personne à Thiberville, annoncer la nouvelle et recevoir les huées et les quolibets que mérite son inconséquence, a passé la journée d’hier, jeudi, à la Nonciature, avenue du Président Wilson à Paris, où il a dû se faire taper sur les doigts pour son imprudence. Résultat : pour ne pas donner à nouveau matière aux caméras, en alimentant un feuilleton gaulois qui est en train de faire le tour du monde (on le trouve dans les liens du site Daily telegraph, comme sous la plume du vaticaniste ratzinguérien Andrea Tornielli, rédacteur à Il Giornale), l’évêque vient d’annoncer que le curé de Thiberville restait, dimanche prochain l’abbé Francis Michel et que le nouveau curé ne viendrait pas célébrer la messe. Une manière d’apaiser les esprits ? Un premier recul qui en annonce d’autres ? L’affaire est portée à Rome, s’écrie Nourrichard. Rome jugera.

Des cas comme celui de l’abbé Michel, de curés refusant leur mutation, il y en a des centaines par an dans la chrétienté. Mais celui-là ne passe pas inaperçu. L’enjeu ? Le respect par l’évêque d’une paroisse, la seule qui marche dans son diocèse, et qui marche, selon la volonté de Benoît XVI avec les deux rites. Un seul chiffre : il y a eu 170 confirmations l’an dernier dans le diocèse d’Evreux. 40 pour la seule paroisse de Thiberville. Quand l’abbé Michel est arrivé voici 22 ans, il y avait des ADAP, des assemblée du dimanche en l’absence de prêtre, la pratique’ n’était pas plus élevée qu’ailleurs. Au bout de 22 ans, Thiberville constitue que l’évêque le veuille ou non le seul fleuron d’un diocèse sinistré par une gestion progressiste qui dure depuis Jacques Gaillot, qui a continué avec Jacques David, et qui se termine dans le désert avec Christian Nourrichard.

Il faut ajouter que la mutation de l’abbé Michel comme vicaire à Louviers (à l’autre bout du diocèse) correspondrait à la fermeture de la paroisse. Comme l’a dit l’évêque qui ce jour là ne s’embarrassait pas de langue de buis : « La paroisse est supprimée » Eh bien ! L’abbé Michel ne refuse pas seulement sa mutation, il refuse cette suppression arbitraire.

Son vœu en cette année sacerdotale, particulièrement consacrée au Curé d’Ars ? Il l’a répété à plusieurs reprises : faire comme le Curé d’Ars, mourir dans sa paroisse, dont il connaît chaque famille, commençant sans doute à marier ceux qu’il a baptisé voici 22 ans.

L’évêque a répondu simplement que l’Evangile ne nous demandait pas de nous arrêter mais d’être toujours en mouvement. Je ne sais sur quel verset il s’appuie, mais il avait déjà été particulièrement malchanceux dimanche dernier en citant un verset de psaume qui n’existe pas. Ce qui est clair en tout cas c’est que rien ne remplacera jamais le dévouement à vie et le lien quasi charnel que le curé tisse avec sa paroisse.

Mais une fois de plus, c’est Vatican II qu’il faut mettre en cause. Première décision du Concile où tous les évêques du monde sont rassemblés : supprimer la charge de curé à vie. Donner des mandats, de six ans renouvelables une fois par exemple. Cette décision a pesé très lourd dans l’accélération de la déchristianisation qui s’est manifestée au tournant des années 70. Un curé à vie, j’en ai connu, c’était l’assurance d’une chrétienté locale stable. Certes lorsque le curé n’était pas consciencieux, il fallait sans doute se le farcir. Mais était-ce si fréquent ? Quand un prêtre est responsable d’un lieu dans lequel il sait qu’il va rester toute sa vie, il fait attention à ne pas causer de scandale et il a à cœur le développement du troupeau, qu’il pourra lui-même vérifier dans la suite de son âge. En un mot : il est responsable. Ce qui n’est pas vrai des arpettes, nommées pour trois six ou neuf ans et qui, du curé à l’évêque ne pensent d’ailleurs qu’à une chose, une fois nommées dans tel ou tel endroit pour trois, six ou neuf ans : en partir.

A l’ancienne, le curé ne part pas. Il doit faire fructifier son capital de fidèles… sur place. Il en est responsable. Il est marié à vie avec sa paroisse… qu’il aime comme sa propre chair. Voilà l’abbé Michel. Son dévouement de prêtre à l’ancienne n’est pas compris des ronds de cuir de l’administration ecclésiastique du diocèse d’Evreux (le sourire du Père Jean Vivien, remplaçant officiel, comme curé de Bernay, du curé de Thiberville, expliquant à la télévision que cette mutation « devait arriver un jour » me restera longtemps dans l’esprit comme un bel exemple de charité entre prêtres). Mais ses fidèles ont reçu le message. 5 sur 5. Et, à l’image du Maire du patelin, Guy Paris, ils font corps avec leur curé.

Nous sommes dans le pays de la Varende, pays de jacqueries et de chouanneries, à quelques kilomètres du Chamblac où, déjà sous Mgr David, avait eu lieu une véritable un véritable soulèvement pour protéger un curé traditionaliste anglais, l’abbé Montgommery. Seule la mort du curé, suite à un accident de voiture, avait interrompu la vie de la paroisse du Chamblac. Du haut de ses soixante ans l’abbé Francis Michel voit l’avenir sereinement. Quand on a le pays d’Ouche avec soi, il n’y a que le ciel qui peut nous tomber sur la tête.

Alain Hasso

Par monde et vie
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 18:07
La grippe A n’était pas celle qu’on croyait. La France, après avoir fait figure de meilleure élève de l’OMS, en est réduite à tenter de revendre des millions de doses de vaccin en surnombre. En attendant de les brader ?


Roselyne Bachelot était-elle déjà piquée avant de se faire vacciner ? C’est ce que l’on pourrait se demander en constatant que la France a passé une commande de vaccins contre la grippe A représentant une fois et demi sa population : 94 millions de doses, qui pour l’essentiel restent aujourd’hui sur les bras du ministre de la Santé, puisque 5 millions de doses seulement ont été utilisées à ce jour.

 Même si l’on nous annonce un possible retour offensif de l’épidémie en février-mars, il n’est guère imaginable que les 89 millions de vaccins restant trouvent preneurs alors que le pic de l’épidémie est passé, et que la grippe A, surtout, s’est révélée beaucoup moins virulente et contagieuse que prévu.

Le coût de l’opération s’élève à 869 millions d’euros, auxquels s’ajoute celui des millions de masques inutilisés et des traitements au Tamiflu également prévus. Le gouvernement cherche aujourd’hui à limiter les dégâts en revendant les vaccins à l’étranger, au prix d’achat, promet-il : le Qatar et l’Egypte ont ainsi acheté à la France 2,3 millions de vaccins, pour 16 millions d’euros. On voit mal, cependant, comment les Français pourraient maintenir leurs prix face à des concurrents commerciaux comme les Allemands, qui cherchent eux aussi à se débarrasser d’une partie de leur stock.

Du côté de la majorité présidentielle, on minimise, sinon l’ampleur des dégâts, du moins celle de l’erreur commise par le ministre. Ainsi le député du Nord Christian Vanneste demande-t-il sur son site : « que n’aurait-on pas entendu si l’épidémie avait pris les proportions que l’on craignait, avait provoqué un nombre de décès comparable à ceux connus il y a quelques mois encore dans certains pays d’Amérique latine (…), si les moyens d’y faire face n’avaient pas été réunis à temps. »

 « Il est très facile de déceler le problème, poursuit le député nordiste : l’affaire présente est le choc en retour de la canicule de 2003. Pour ne pas vouloir apparaître comme un ministre lointain et décontracté en polo devant sa villa pendant que les personnes âgées meurent dans la solitude, le ministre de la santé actuel en a sans doute trop fait. On peut à l’évidence regretter la gestion comptable de cette précaution apparemment excessive, mais cet excès est doublement la marque de notre époque où la précaution est devenue un principe constitutionnel, et où les politiques sont condamnés à la gesticulation médiatique du court terme, qui ne leur laisse guère le temps de faire les choix responsables du long terme. Que celui ou celle capable de s’extraire de ce système lance la première pierre… »

C’est une défense qui vaut accusation : en prenant des mesures de précaution excessives, le ministre aurait donc été guidé, non par l’intérêt général et le souci de la santé publique, mais par la crainte des réactions de l’opinion publique et le souci de son image !

« Le principe de précaution a été poussé à l’extrême stupidité », déclare, plus sévère que Christian Vanneste, le professeur de médecine Bernard Debré, lui aussi député UMP. Ainsi la France a-t-elle acheté un tiers des réserves mondiales de Tamiflu, avec une date de péremption fixée en avril 2010 ! On peut évidemment penser qu’il vaut mieux prendre trop de précautions que pas assez, et chercher des circonstances atténuantes à Roselyne Bachelot ; il n’empêche que ces pusillanimités politiciennes sont payées au prix fort : au total, les mesures prises auraient coûté entre 1,5 et 2 milliard d’euros.

Hervé Bizien

Cet article est extrait d’un texte plus long, à paraître dans le numéro 821 de Monde et Vie, disponible à partir du 9 janvier 2010

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 13:08

L’idée a été lancée par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton. A dire vrai, elle n’est pas de lui, puisque nos voisins allemands ont déjà décidé de l’appliquer : inscrire dans la Constitution des pays de la zone euro une interdiction de présenter des budgets en déficit au Parlement.

Ainsi une nouvelle disposition de la Constitution allemande, visant à limiter l’endettement du pays, oblige désormais Berlin à réduire son déficit à partir de 2011, et à le restreindre de 10 milliards d’euros par an d’ici 2016 pour le limiter à 0,35 % du PIB.

Voire… En attendant, la loi publiée au Journal officiel prévoit actuellement un déficit budgétaire de 117,4 milliards d’euros. Il est vrai que, malgré son annulation par le Conseil constitutionnel, la contribution carbone, d’un montant de quelque 4 milliards d’euros, apparaît toujours dans les lignes de recettes de ladite loi de finances pour 2010.

Celle-ci, selon Bercy, ne sera corrigée que « lors de la présentation du collectif budgétaire qui sera présenté lors du Conseil des ministres du 20 janvier ».

Quoi qu’il en soit, cela ne devrait pas modifier beaucoup le déficit annoncé…

Et on ne voit guère, d’ailleurs, comment on pourrait effacer, par le simple vote d’une loi, une réalité comme celle que constitue le déficit. On pourrait certes le dissimuler, mais cela ne modifierait, comme de juste, que le contenu du JO. Pas l’état de la société française…

Le pouvoir politique semble ainsi s’éloigner à grands pas (si c’est encore possible…) de la réalité, comme Eric Letty en faisait samedi, sur ces mêmes sujets, le constat à propos des vœux sarkozyens.

Pour être plus directe, Angela Merkel aura été plus juste avec ses concitoyens. Lors de la présentation de ses vœux, le chancelier allemand les a en effet averti que 2010 ne verrait pas de reprise économique rapide :

« 2010 sera décisif pour savoir comment nous sortirons de la crise, [mais] je vous le dis très franchement : nous ne devons pas nous attendre à ce que l’accès de faiblesse de l’économie soit rapidement résolu. » Au contraire, ajoutait-elle, « certains aspects vont même d’abord se dégrader encore davantage au cours de la nouvelle année, avant de pouvoir se redresser ».

Les remèdes qu’Angela Merkel propose aux Allemands ne diffèrent certes guère de ceux que Nicolas Sarkozy nous vantent. Du moins a-t-elle l’honnêteté de n’avoir point recours à la méthode Coué…

Olivier Figueras

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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 16:42

Etranges, les vœux présidentiels pour 2010 ! Pas par leur contenu : tout va très bien, on a gagné contre la crise, tous ensemble, tous ensemble, mais surtout grâce à l’action de nos merveilleux pouvoirs publics ; et même s’il reste quelques efforts à consentir, la lumière brille au bout du tunnel, d’autant plus vive que nous nous en sommes beaucoup mieux sortis que beaucoup d’autres, cocorico, vive la République, vive la France.

En somme, c’est fou la chance qu’on a d’avoir un président comme ça !

Non, les vœux de Nicolas Sarkozy, ce 31 décembre, n’étaient pas étranges par leur contenu, mais par leur manière, à cent mille lieues de l’image de président « cool et fun », à l’américaine, à la Kennedy, qu’il avait voulu donner de lui-même jusqu’à présent. Faut-il imputer ce changement à l’effet Obama, imbattable sur ce terrain ? Costume anthracite, chemise blanche et cravate bleue, conventionnel jusqu’à la caricature, le président français s’est exprimé sur un fond décoratif presque austère : une vue de l’Elysée dans une tonalité blanche, bordée par les deux autres couleurs du drapeau national, Marseillaise et patrouille de France en ouverture. Il était évident que Nicolas Sarkozy, l’attitude plutôt figée, lisait son texte sur un prompteur.

Quant au contenu, il serait trop long ici de tout en reprendre pour tout commenter ; je me contenterai de quelques remarques.

Les trois mots inconnus de Sarkozy

Sur l’ensemble de ce discours très convenu et très optimiste, il est trois mots que le président de la République n’a jamais prononcé : déficit, Sécu, et dette.

Pour mémoire, le déficit public prévu par le Projet de loi de finances 2010 s’élève à 116 milliards d’euros. En 2007, avant la crise, il avoisinait 42 milliards et l’on trouvait que c’était considérable.

Le rapport Pébereau, remis à Thierry Breton en décembre 2005, tirait la sonnette d’alarme à propos de la dette publique, qui s’élevait fin 2004 à 1 067 milliards d’euros. Elle dépasse aujourd’hui 1457 milliards.

Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre, selon les prévisions officielles, 30,6 milliards d’euros cette année, alors qu’on le considérait déjà comme pharamineux lorsqu’il n’atteignait « que » 12 milliards… en 2007.

De ces réalités-là, Nicolas Sarkozy n’a pas dit un mot. Il a annoncé, en revanche, « un plan d’investissement sans précédent » grâce auquel « nous allons pouvoir accomplir la révolution numérique, donner à tous l’accès au haut débit, numériser nos livres pour que notre langue, notre culture puissent continuer à rayonner, mais aussi créer 20 000 places d’internats d’excellence pour rétablir une réelle égalité des chances, et doter notre enseignement supérieur et notre recherche de moyens considérables pour réussir le pari de l’intelligence. » Avec quel argent ?

Les rêves présidentiels se fracassent sur les réalités

Il a parlé, aussi, de la « nouvelle organisation mondiale (qui) se dessine à travers le G20 », dont le sommet de Copenhague a pourtant montré les limites.

Il nous a expliqué que « l’Europe s’est enfin dotée des institutions qui vont lui permettre d’agir et la France a continué à se transformer », sans préciser que ces nouvelles institutions, imposées aux peuples contre leur volonté, visent à l’anéantissement des souverainetés nationales.

Il s’est réjoui de la réforme du lycée, qui se réduit en réalité à un gadget sans signification et même dangereux puisqu’elle devrait faire table rase de l’histoire en classe de Terminale, pour la section scientifique.

Il a osé parlé d’« un service minimum dans les transports publics qui fonctionne », alors qu’ en région parisienne, la récente grève de la RATP s’est traduite pour les passagers du RER A par trois semaines de complications insupportables.

Il a évoqué la création d’« un fonds souverain à la française qui se tient désormais aux côtés de nos entreprises pour les aider à se développer et pour les protéger », sans préciser que ces mêmes entreprises seront demain soumises à la taxe carbone, qui les handicapera par rapport à la concurrence mondiale.

Le président de la République prend-il ses rêves pour la réalité ?

La leçon de politesse du président « Casse-toi-pauvre-con »

Pour finir, Nicolas Sarkozy nous a donné aussi un petit cours de morale dont nous avions bien besoin : « Respectons-nous les uns les autres, faisons l’effort de nous comprendre, évitons les mots et les attitudes qui blessent, a-t-il dit. Soyons capables de débattre sans nous déchirer, sans nous insulter, sans nous désunir. » Venant du président « Casse-toi-pauvre-con », voilà qui prête à la méditation…

Il faudrait tout reprendre et tout commenter de ces vœux présidentiels, qui annoncent sur un ton quasi-prophétique une bonne nouvelle après Noël : « au cours de cette année, au milieu des difficultés de toutes sortes, un monde nouveau a commencé à se construire ».

Nous nous contenterons de souhaiter à nos compatriotes, à l’aube de cette nouvelle année, d’être un peu moins pris pour des veaux par leurs gouvernants – une tradition semi-séculaire, paraît-il.

Et pour le reste, bonne année quand même !

 Eric Letty

Par monde et vie
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /2009 13:25

Le pape Benoît XVI a été agressé lors de la messe de Noël, dans la basilique Saint-Pierre, par une femme qui l’a agrippé par le col et fait tomber. Providentiellement, le pape est indemne. Le cardinal Etchegaray, qui a lui aussi chuté, s’est en revanche cassé le col du fémur. Comment s’étonner que les attaques virulentes dont le Saint-Père n’a cessé de faire l’objet se traduisent aujourd’hui par des actes de violence haineuse ?

Dans la petite ville de la banlieue parisienne où j’habite, ce 24 décembre, des hauts-parleurs diffusaient dans les rues des cantiques de Noël traditionnels, comme « Douce nuit ». Quelle offense à la laïcité ! Dans les vitrines de certains commerçants, des crèches attendaient la naissance de l’Enfant Jésus, dont la place était déjà aménagée entre la sainte Vierge et saint Joseph, devant l’âne, le bœuf et quelques bergers. Les pessimistes diront bien sûr – non sans quelque raison – que le culte de la consommation a outrance a profané la fête de la Nativité. Certains regretteront même que le père Noël, sympathique vieillard venu du Nord dans les années 30 en traîneau sponsorisé par Coca-Cola, aient trop souvent remplacé saint Nicolas. Il n’empêche ; quand l’épicier turc – musulman – qui tient boutique près de chez moi me souhaite un joyeux Noël, même si le vœu a une connotation commerciale, j’ai tendance à penser que les racines chrétiennes de la France ne sont pas complètement effacées.

Il est né le divin Enfant. Joyeux Noël à tous !

 Eric Letty

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 19:35

L’ancien président de la République n’a rien avoir avec le roi des gangsters ; mais…

A l’époque où Al Capone, le roi de la pègre de Chicago, régnait en maître sur le crime organisé, Eliot Ness et ses incorruptibles parvinrent à le faire tomber pour une banale affaire de fraude fiscale.

Tout rapport avec Jacques Chirac est bien sûr exclu ; l’ancien président de la République est seulement mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans une affaire portant sur sept emplois fictifs dans les années 1990. Sept personnes rémunérées par la mairie de Paris, alors qu’elles travaillaient pour le RPR.

L’affaire apparaît ridicule, au regard de toute la vie publique et politique de l’ancien premier ministre, maire de Paris et président de la République.

Sept emplois fictifs.

Pour les mêmes raisons, Alain Juppé, l’ancien premier ministre et bras droit de Jacques Chirac, avait été condamné en appel, en 2004, à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

Ce n’est pas le seul des lieutenants de Chirac à avoir eu ou à avoir des démêlés avec la justice.

Dominique de Villepin, son dernier premier ministre, mis en cause dans l’affaire Clearstream, a été la principale vedette d’un procès sur lequel a plané l’ombre de l’ancien président.

Charles Pasqua, son ancien ministre de l’Intérieur, l’a nommément mis en cause après avoir été condamné dans l’affaire des ventes d’armes à l’angola.

Gaston Flosse, son ancien secrétaire d’Etat chargé du Pacifique sud, ex- président du gouvernement de la Polynésie française, proche de Chirac au point de lui avoir demandé d’être le parrain de l’un de ses enfants, se trouve mis en examen pour corruption passive, recel d'abus de bien sociaux et destruction de preuves, et a été placé en détention provisoire au mois de novembre.

Jean Tibéri, collaborateur de premier plan de Chirac à la mairie de Paris, poursuivi dans l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, a été condamné au mois de mai dernier à dix mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

Michel Roussin, son ex-directeur de cabinet à la mairie de Paris, fut condamné en première instance, puis en appel, dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France.

Plusieurs autres de ses collaborateurs ont été mis en examen ou condamnés dans l’affaire des HLM d’Ile-de-France. Dans une K7 enregistrée par ses soins, l’homme d’affaires Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR et membre de son comité exécutif, impliqué dans cette affaire de corruption, avait affirmé avoir remis 5 millions de francs en espèces à Jacques Chirac en octobre 1986.

Alors, non, bien sûr Jacques Chirac n’est pas Al Capone. Et sa mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris n’a donc rien à voir avec la chute de l’ancien roi de la pègre de Chicago, sur une dérisoire affaire de fraude fiscale…

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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 11:12

Un film faisant la promotion de l’homosexualité va être diffusé dans les classes de CM1 et CM2 avec la bénédiction de l’Education nationale

Un certain lobby homosexuel idéologise en effet un comportement sexuel qui reste marginal et assure la publicité d’un type de relations qui devrait rester de l’ordre de la vie privée. Des manifestations comme la Gay Pride ne sont pas seulement organisées dans un but revendicatif, mais avec un objectif prosélyte. Il ne s’agit pas seulement d’exiger que l’homosexualité soit mis sur un plan d’égalité avec ce que l’on appelle désormais « l’hétérosexualité » – la généralisation de ce terme témoigne elle-même du succès de cette revendication : on aurait parlé naguère, pour désigner l’amour entre un homme et une femme, de relations « normales » – ; mais aussi de présenter le milieu homosexuel sous l’aspect attrayant d’une communauté festive et branchée.

La normalisation de l’homosexualité, souvent présentée comme une façon d’aider les homosexuels à « mieux vivre » leur homosexualité, est en réalité l’une des conditions de son développement. On familiarisera donc les esprits le plus tôt possible avec la nouvelle norme, en la désignant comme telle dès l’école.

C’est à quoi tend le film Le Baiser de la lune, que son réalisateur, Sébastien Watel, présente comme « un court métrage d’animation poétique destiné à servir d’outil pédagogique pour aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe à l’intention des enfants de CM1/CM2. »

L’histoire met en scène deux poissons mâles qui s’aiment « librement et heureux » sous le « regard archaïque » d’une vieille chatte « prisonnière d’un château de conte de fée » qui est « persuadée que l’on ne peu s’aimer que comme les princes et les princesses. », peut-on lire sur le site du film (Http://www.le-baiser-de-la-lune.fr) Heureusement, le spectacle de l’amour des deux poissons la fera « évoluer » : « C’est ainsi qu’elle quitte son château d’illusion et se donne enfin, la possibilité d’une rencontre… » Happy end ?

Une kyrielle de partenaires publics !

« A travers ce film, explique Watel, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe. Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles. Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence. »

Le film veut donc dépeindre « de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux "poissons-garçons". »

Le site de présentation précise qu’il sera accompagné, lors de sa diffusion dans les classes, d’un « dvd –livret » à prétention « pédagogique », destiné aux « enseignants ou intervenants souhaitant débattre avec leurs élèves, des différentes relations amoureuses suite au visionnage du film »

Une partie de ce livret « développera des exercices ludiques amenant les élèves à réfléchir sur les relations amoureuses : norme, stéréotypes, relations amoureuses entre personne du même sexe. » Il n’est pas précisé en quoi consisteront ces « exercices ludiques ».

Ce beau projet bénéficie non seulement du soutien des relais habituels du lobby homo (le magazine Têtu, le Centre Gays, Lesbiennes, Bi et Transsexuels (CGLBT) de Rennes, l’association SOS-Homophobie…) et de la Ligue de l’Enseignement, mais aussi d’une kyrielles de « partenaires » publics : ministère de la Jeunesse et des Sports, Education nationale (Inspection académique d’Ille-et-Vilaine), Centre National de la Cinématographie (CNC), Conseil régional de Bretagne, Conseil général des Côtes d’Armor, Ville de Rennes, TV Rennes… Voilà un bel usage de l’argent de nos impôts !

Demandera-t-on l’avis des parents avant de faire visionner ce film à des enfants – rappelons-le – âgés de 9 ou 10 ans ? Force est de constater qu’une fois encore, le ministère de l’Education nationale les dépossède à son profit de leurs responsabilités d’éducateurs.


Signez la pétition de protestation a été mise en ligne sur le site des 4 Vérités http://www.les4verites.com

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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 23:19

Après avoir développé, ces dernières semaines, la question du dialogue islamo-chrétien, le cardinal Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, qui soulignait que le fondement dudit dialogue est « la condition humaine », mais qu’il nécessite cependant une certaine réciprocité, déclarait dimanche, au terme d’un colloque romain, la nécessité de l’identité chrétienne.

Interrogé sur Radio Vatican, le prélat a rappelé que « les racines chrétiennes sont un fait parce que la première école, les premières universités ont été fondées par l’Eglise ». « Nous ne pouvons donc pas comprendre l’Europe sans ces éléments qui ne sont pas des concepts mais des faits historiques », a-t-il expliqué. « Ainsi, nous devons avoir une identité pour survivre, sinon, nous n’avons aucune consistance. »

Evoquant ensuite la sentence de la cour de Strasbourg contre les crucifix, le cardinal n’a pas hésité à déclarer qu’il s’agit d’« une ingérence dans la culture d’un peuple ». « C’est une question d’identité, a-t-il clairement affirmé. Le crucifix fait partie de la culture en Italie et le peuple italien a donc tout à fait le droit de conserver sa spécificité culturelle. »

Elargissant le sujet à la question européenne, le cardinal Tauran a enfin affirmé que les chrétiens doivent « avoir le courage de la différence pour apporter une contribution spécifique du christianisme dans le débat public d’aujourd’hui ».

« Comme je l’ai dit, nous ne demandons pas l’asile, nous faisons partie de cette réalité de la société », a-t-il ajouté. Avant de conclure : « Dieu nous a plantés dans ce monde, dans la société d’aujourd’hui pour fleurir, et nous ne devons donc avoir aucun complexe : nous faisons partie de ce monde, et nous sommes plus que jamais décidés à contribuer au développement intégral des Européens. »

Un discours décomplexé dont on ne peut que se féliciter. Et espérer qu’il soit tenu un peu plus souvent au sein de l’épiscopat catholique…

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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 22:02

Les Français qui garderaient quelque doute sur les hautes qualités de l’actuelle équipe gouvernementale trouveront intérêt à consulter le dernier clip –pardon, « lipdub » – des « Jeunes populaires », comme se nomment eux-mêmes les jeunes militants UMP, sur le site du Figaro.

 

Les « Jeunes populaires » s’y échinent à nous prouver qu’ils sont pleinement « jeunes » et vraiment « populaires », malgré leur style BCBG et le choix d’une rengaine chantée en chœur qui est à la musique ce que la soupe à l’eau tiède est à la gastronomie. C’est niais, moche, mièvre – en un mot, c’est UMP.

 

Et démago, par conséquent : avant d’entraîner le spectateur abasourdi dans une chorégraphie qui caricature les « claudettes » des années 70, le clip souligne avec tact qu’on peut militer à l’UMP même quand on est en fauteuil roulant, ou aveugle, ou sourd. Ainsi voit-on Gilbert Montagné conduire une voiture – clin d’œil subtil à sa cécité et preuve qu’au volant, la vue n’est plus la vie –, ou une jeune fille accompagner les chœurs dans le langage gestuel des sourds-muets. On peut en effet prévoir qu’après la diffusion de ce morceau d’anthologie, seuls les aveugles-sourd-muets prendront leur carte aux Jeunes Po sans crainte du ridicule…

 

Peu de militants « de couleur », en revanche, dans ce « lipdub » : quant à la diversité, les Jeunes po restent clairement en-deçà des quotas… Il est vrai qu’ils sont couverts, côté « communautés », par l’appartenance de leur président au lobby homo.

 

Pour corriger sans doute cette excessive proportion de « natifs » (comme dirait Chirac) dans leurs rangs, les jeunes sarkozistes ménagent dans leur clip une place avantageuse à Rama Yade et à Rachida Dati. Y figurent aussi le ban et l’arrière-ban de la droite la plus ringarde du monde, avec, entre autres, Patrick Devedjian ; David Douillet, l’homme-le-plus-populaire-de-France, toujours prêt à mouiller son kimono pour les copains politiques ; le ministre du travail Xavier Darcos, qui exécute la danse des éléphants ; celui de l’immigration, Eric Besson ; celui de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, dansant survoltée sur la tombe de l’université française, tandis que ses collègues à l’économie et au budget, Christine Lagarde et Eric Woerth, semblent se trémousser sur l’abîme de nos finances publiques ; le Secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano, qui se découvre une vocation de pop star sur le tard aux côtés du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand… Il n’est pas jusqu’au porte-flingot politique de Sarko, Frédéric Lefebvre, dont le physique évoque plutôt un second rôle de flic ripoux dans le dernier polar télé que celui d’un habitué des rallyes du XVIe, qui roucoule la chansonnette : « Tous ceux qui veulent changer le monde… »

 

Avec eux, on est gâté.

 

La question demeure : depuis le temps qu’ils sont au pouvoir, qu’est-ce qui a empêché nos sautillants ministres de changer le monde ? Quand l’ancien Garde des Sceaux, Rachida Dati, chante : « J’entends la révolte qui gronde », que veut-elle signifier ? D’ordinaire, la révolte gronde contre le pouvoir, et pour autant que l’on sache, le pouvoir aujourd’hui est entre les mains de l’UMP…

 

Le clip des jeunes de l’UMP n’aura pas complètement raté son but : les Français se sont bousculés pour rire aux dépens de nos gouvernants. Il vérifie un vieux dicton que nos Excellences auraient dû se rappeler : ce n’est pas dans les Jeunes po qu’on fait les meilleures soupes, même politiques.

 

Hervé Bizien

http://www.jeunesump.fr/

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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