Marché de Noël à Ecole Sainte Jeanne d’Arc Vendredi 4 décembre de 14 h à 19 h Samedi 5 décembre de 10 h à 18 h
Vous trouverez :
Des confitures, des chocolats, des biscuits,
des broderies, des pyjamas pour enfants,
des objets de décoration en bois, porcelaine
peinte, verre peint, bijoux…
Fraternité Saint Pierre - Ecole Sainte Jeanne d’Arc
1 chemin de Petite Champagne - 69340 Francheville
Faut-il faire vacciner les élèves français contre la grippe A ? Le ministère de l’Education
nationale diffuse ces jours-ci dans les établissements scolaires une Fiche d’information sur la vaccination destinée aux parents des enfants scolarisés en collège ou en lycée, y incitant
les familles.
En somme, sauf malchance, le vaccin nous rendra malades pendant deux jours (« généralement… ») pour nous éviter la
possibilité de contracter la grippe A pendant une semaine . On devrait signaler ce nouveau pari ludique à la Française des jeux, il y a sûrement là une idée à creuser qui pourrait permettre à
l’Etat de récupérer au moins une partie de l’argent dépensé dans son stock de vaccins.
Des effets indésirables « rares », mais dangereux
Ce n’est pas tout. Après la liste des effets indésirables fréquents, la note indique celle des « effets indésirables
peu fréquents: réactions cutanées généralisées, incluant un urticaire », et celle beaucoup plus embêtante des «effets indésirables
rares: réaction allergique pouvant induire une baisse importante de la pression artérielle qui, si elle n’est pas traitée, peut conduire à un choc. Les médecins connaissent ce
risque et disposent de traitements d’urgence pour réagir face à ces situations. ». Ce que ne précise pas la note, mais que le commun des citoyens est supposé savoir, c’est qu’un choc
septique peut entraîner la mort*.
Le futur vacciné n’est pas au bout de ses peines potentielles. Les rédacteurs du texte ministériel exposent encore les
« effets indésirables très rares », et guère plus rassurants : « Vascularite (inflammation des vaisseaux sanguins pouvant se traduire par des éruptions cutanées,
des douleurs articulaires et des problèmes au niveau du rein.) Troubles neurologiques tels qu’encéphalomyélite (inflammation du système nerveux central), névrite(inflammation des nerfs)
et un type de paralysie connue sous le nom de syndrome de Guillain-Barré. »
Une question viennent à l’esprit, à laquelle la note omet de répondre : qu’est-ce qui différencie les effets indésirables
« fréquents » des effets « peu fréquents », et ceux qui sont « rares » de ceux qui sont « très rares » ? Autrement dit, sur quels calculs de
probabilité les critères de fréquence et de rareté reposent-ils ? Mystère.
Côté risque, avec pour l’instant une quarantaine de décès pour plus de 64 millions d’habitants, la grippe A, aussi contagieuse
soit-elle, paraît moins dangereuse que la grippe saisonnière.
Est-il utile, dans ce cas, de vacciner les collégiens et les lycéens, qui, en général, ne font pas partie des populations à
risque ?** Le ministère de la Santé aura sans doute du mal à les en convaincre ; dans la classe de mon fils (terminale S), aucun élève n’est pour l’instant candidat à la vaccination. En
l’état actuel de l’épidémie, je les comprends.
** A propose de la fiabilité des vaccins, on peut utiliser un article du docteur Cannet, épidémiologiste, sur le site
du Monde : http://www.lemonde.fr/planete/article_interactif/2009/11/20/le-vaccin-contre-le-grippe-h1n1-suscite-mefiance-et-toujours-autant-de-questions_1269695_3244.html
Très critiqué, le Belge Herman Van Rompuy, qui quitte la tête du gouvernement belge pour prendre celle du Conseil européen, pourrait bien ne pas être aussi terne qu’un
certain nombre de politiques le veulent croire – ou veulent le faire croire. A commencer par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing qui estime que ce choix « témoigne
d’une ambition limitée pour l’Europe au moment où se déroulent les grands dialogues mondiaux »…Certes, certains chefs d’Etat et de gouvernement ont
manifesté qu’ils ne dédaigneraient pas de conserver leur influence – bien au contraire… Mais il ne faudrait pas croire pour autant que la personnalité inconnue (ou prétendue telle) d’Herman Van
Rompuy soit, de ce fait, sans consistance. D’abord, parce que cette nomination vient concrétiser une nouvelle étape de la construction européenne, avec la mise en
place du traité de Lisbonne. Une étape éminemment politique, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, et que la critique du président du Front national pointe avec précision.
« Il paraît que nous avons désormais un “président de l’Union européenne”, voire même un “président de l’Europe”. Mais le traité de Lisbonne instituait un “président du Conseil européen”,
chargé de présider les réunions des dirigeants des pays membres et non de “présider l’Europe” », s’insurge Jean-Marie Le Pen en soulignant que le maquillage censé cacher la mise en place
d’un super-Etat européen « n’aura même pas tenu jusqu’à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ». Ensuite, parce que ce chrétien-démocrate flamand, réputé catholique pratiquant, élevé chez les Jésuites, passé de saint
Thomas d’Aquin aux joies de l’économie, passe pour tenir à ses idées. Ainsi déclarait-il, il y a quelques mois : « La Turquie ne fait pas partie de l’Europe et ne fera jamais partie de
l’Europe. Un élargissement de l’UE pour inclure la Turquie ne peut pas être considéré comme une simple extension comme dans le passé. Les valeurs universelles qui sont en vigueur en Europe, et
qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur force avec l’entrée d’un grand pays islamique comme la Turquie. » Ce qui ne l’empêche pas de se vouloir
fédéraliste européen, et d’être favorable à un élargissement de l’Union européenne. Enfin, parce que ses marottes, malgré tout, rejoignent le discours écolo-énergétique si cher aux européistes de tout
poil. N’a-t-il pas été jusqu’à déclarer, jeudi, après sa nomination : « (…) 2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise
financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par
l’action. » On le voit, Herman Van Rompuy aurait pu écrire le compte-rendu de la réunion annuelle du Bilderberg qui portait, cette
année, sur la réforme de l’économie politique mondiale. Or, c’est justement avec les dirigeants de cet organisme que Van Rompuy a dîné quatre jours avant sa nomination. Et c’est eux qu’il a
entretenu de la nécessité pour l’UE de lever de nouvelles éco-taxes. Qui voudrait croire à une coïncidence ?
Question : Mgr, vous venez de publier Un prince français, un livre d’entretiens
avec le journaliste Fabrice Madouas sur votre projet pour la France. Qu’avez-vous voulu dire aux Français ?
Il y a plusieurs raisons à la publication de ce livre. La plus importante, c’est que je suis à
un tournant de ma vie et j’ai l’impression que la société française se trouve elle aussi à un tournant. Je suis dépositaire d’un héritage que je souhaite transmettre. Pendant dix ans j’ai
parcouru la France et l’étranger, j’ai fait un certain nombre de rencontres très riches avec des hommes qui comptent – des politiques, des décideurs économiques, des hommes et des femmes présents
dans le monde social ou culturel. J’ai voulu restituer cette expérience et proposer un certain nombre d’idées fortes, certaines personnelles – c’est l’objet des cinq premiers chapitres du livre,
sur mon enfance, sur mon éducation, sur la France, sur la foi – et d’autres plus politiques : sur la justice, la culture, l’économie, les affaires étrangères… Ce livre répond donc au désir de me
faire mieux connaître et d’avancer un certain nombre d’idées en apportant un regard différent sur la situation actuelle et les perspectives de notre pays.
Lors de votre messe de mariage, vous avez souhaité que la célébration liturgique comporte
l’offertoire et la Prière eucharistique n°1 en latin. Pourquoi ?
Nous voulions que notre messe de mariage soit le centre de notre engagement. Nous avons souhaité
une cérémonie à la fois simple, solennelle et vraie. La liturgie a tourné autour de la prière eucharistique n°1, canon commun aux deux rites de l’Eglise catholique aujourd’hui, pour accompagner
le Saint-Père dans sa démarche d’unité.
La liturgie a en soi une signification, il est inutile de s’égarer dans des inventions ou des
ajouts, de-ci, delà. Mon épouse a été très claire à cet égard, elle souhaitait que la messe soit vraiment centrée sur l’essentiel. Nous avons voulu une messe chantée, avec des chœurs et des choix
de musiciens français. Par ailleurs, de nombreux pays étaient représentés à notre mariage et le latin permettait à tout le monde de suivre.
Vous vous êtes donné pour règle de vie : « Je pense en prince chrétien, j’agis en
prince français ». Quels doivent être à vos yeux les rapports entre le temporel et le spirituel, et comment votre foi catholique influence-t-elle votre réflexion
politique ?
Les Capétiens ont eu pour la France un projet politique fort. C’étaient des princes chrétiens,
mais ils ont tout de suite opéré une séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel – ce qui n’est pas le cas, par exemple, dans le monde musulman, comme on peut le voir quand on
rencontre des responsables tels que Walid Joumblatt, au Liban, qui est à la fois chef spirituel et chef de guerre, rend la justice, détermine les règles administratives… Ce n’a jamais été le cas
de nos rois. La grande différence avec la laïcité telle qu’on l’entend aujourd’hui, c’est que l’on pouvait, dans l’espace social, affirmer son sentiment religieux. Sur ce sentiment catholique,
qui fait partie de nos racines et de nos traditions, s’est transmise une grande partie de l’histoire de France. Même aujourd’hui, quand on analyse le tryptique « Liberté, Egalité,
Fraternité », on s’aperçoit que cette terminologie est inspirée des principes chrétiens, vidés de leur sens : la charité, la liberté des enfants de Dieu… Les princes sont par vocation
des personnes publiques, mais rien ne nous interdit de montrer nos conviction religieuse. La France a des racines catholiques depuis 496, et elles demeurent notre socle en 2009. L’Europe a
d’ailleurs elle aussi été sculptée par les principes chrétiens.
On a ôté la pierre angulaire…
Oui, et l’on continue. On enlève les points de repère chrétiens. Je suis intervenu souvent sur
la question du travail le dimanche. On s’aperçoit que les Français sont stressés, que certains se suicident : comment peut-il en aller autrement si on leur impose un rythme de travail qui ne
respecte pas le dimanche ? Pour les familles aussi, ce jour est important, il leur permet de se retrouver. On retire ces repères et finalement la société française, qui s’est construite sur le
modèle chrétien, perd son sens et sa spécificité. Vous savez, c’est comme l’air qu’on respire : la foi a beaucoup influé sur ma relation à autrui ; sans elle, je ne peux pas aborder le
vrai sens des choses, du mariage, de l’engagement… Elle oriente ma conception de la société et de la politique, autour des trois vertus chrétiennes de Foi, d’Espérance et de Charité sur
lesquelles sont fondées ma réflexion et mon action. La religion catholique est une religion de la relation, celle des trois personnes de la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et
le modèle social français s’est construit sur cette relation. En enlevant les points de repère chrétiens, on encourage malheureusement l’égoïsme, le repli sur soi et la violence, gestuelle et
verbale – les gros bras et les grandes gueules. De même, on pratique le clientélisme en favorisant les plus riches, alors que la politique doit être au service des plus faibles et des plus
démunis – c’est son véritable sens. Pour cela, le Prince ne doit pas s’appuyer sur ceux qui profitent de la société, mais au contraire aider ceux qui agissent pour le bien commun. Il existe dans
notre pays des forces vives, des chefs d’entreprise, de grands serviteurs de l’Etat, des hommes de culture qui aiment la France. C’est sur eux qu’il faut s’appuyer.
Et puis, je crois que les Français ont besoin d’avoir des responsables qui, par leur réflexion
et par leur action, soient vraiment des témoins, et des témoins forts. Je l’ai remarqué au cours de mes déplacements : même s’ils n’accordent pas eux-mêmes leur comportement à des principes, les
Français attendent que les hommes d’église soient des hommes d’église, les politiques, des politiques, les princes chrétiens, des princes chrétiens. Ils regardent les personnes qui ont des
responsabilités et souhaitent qu’elles soient conformes à ces responsabilités.
Certains ont tendance à partir, à s’exiler…
Oui, parce que le bien public n’est plus assuré et que notre société ne leur permet pas de
s’exprimer. Si quelqu’un veut avoir des enfants, on l’ennuie ; transmettre son patrimoine, on l’ennuie ; être créateur, on l’ennuie… Certes, des efforts sont faits pour favoriser la
création, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements. Nous vivons dans une société étouffante et sans socle, qui a besoin d’ouverture et de retrouver des points de repères.
Depuis Léon XIII au moins, la question sociale est très présente dans la réflexion de l’Eglise,
et le pape Benoît XVI a lui aussi publié une encyclique sociale. En France, les représentants les plus éminents du catholicisme social furent souvent des monarchistes. Vous- faites l’éloge dans
votre livre du « capitalisme familial ». Vous définissez-vous comme un catholique social ?
Ma réflexion s’appuie sur deux principes: la justice et les libertés. Il est important qu’un
certain nombre de mécanismes dynamiques se mettent en place, avec pour corollaire une redistribution des richesses. L’économie doit obéir à un certain nombre de principes capitalistes, encadrés
par l’Etat pour éviter que la société ne succombe à la seule recherche du profit. Par ailleurs, la société doit devenir plus humaine et l’homme plus social. Une société plus humaine place l’homme
au centre de ses préoccupations ; une humanité plus sociale est ouverte à autrui, et non pas égoïstement repliée sur elle-même. Le bien public est le cadre qui permet à l’homme d’être
heureux, mais le bonheur ne se trouve pas dans la richesse matérielle. Saint Thomas disait : pour vivre heureux, il faut vivre bien. Je me définis donc comme un catholique dynamique et
social, parce que c’est pour l’homme que la société est faite. C’est à quoi l’Etat doit être attentif, sans se substituer aux gens pour agir à leur place. Malheureusement, en France, l’Etat veut
tout contrôler.
Il y a la liberté et les libertés. Les rois ont toujours été attentifs à
octroyer des libertés.
Dans votre livre, vous critiquez le jacobinisme et fondez votre projet pour la France sur
« la justice et la confiance, garanties par l’Etat, dans le respect des corps intermédiaires ». Quel regard portez-vous sur la politique de décentralisation initiée en
1982 ?
La décentralisation est importante, parce qu’elle donne tout
son sens à la politique de proximité. La véritable expression politique, aujourd’hui, c’est le rôle du maire, en raison de sa proximité avec les gens. La difficulté, c’est qu’entre l’Europe,
l’Etat et le local, il existe tellement d’échelons intermédiaires, d’engagements différents, de rythmes particuliers, notamment électifs, qu’on ne sait plus qui fait quoi, ni comment, quelles
sont les compétences des uns et des autres. Une simplification est nécessaire. Le chef de l’Etat cherche à y parvenir en s’appuyant sur le rapport Balladur pour créer le conseiller territorial.
J’y suis favorable, à condition que ça colle à la réalité du terrain, et pas seulement à une réalité administrative… Il faudrait en revenir à des réalités simples : la commune, le pays, la
province et la France.
Vous dites aussi que « la clef de voûte de l’éducation donc de la société, c’est la
famille. » Vous y insistez sur l’importance de conduire une vraie politique familiale. Quels devraient en être les principaux axes ?
Il faut d’abord préciser le modèle de famille à préconiser. Aujourd’hui, on a des familles
décomposées - recomposées et un espace familial tout en rupture : comment voulez-vous que la société puisse être sereine ? C’est dans la famille que la société trouve ses fondements .
C’est au sein de la famille que l’individu fait ses premiers pas, qu’il a son premier contact avec l’autre, que se noue la relation entre les plus jeunes et les moins jeunes… C’est pourquoi, si
l’on casse le modèle familial, les mêmes effets se transposent à l’échelle de la société. Par ailleurs, il est nécessaire de mener une politique nataliste, parce que notre société vieillit,
tandis que les sociétés jeunes sont dynamiques. Je l’ai constaté en Pologne, en marchant dans les rues de Cracovie : 60 % des personnes que l’on y rencontre sont jeunes, et c’est un pays
d’un incroyable dynamisme. Il faut mettre en place les conditions de cette orientation en aidant les mères de famille, qu’elles travaillent à l’extérieur ou qu’elles soient au foyer, par les
allocations familiales, en assurant à celles qui ont un emploi la possibilité de mettre leurs enfants à la crèche ou d’avoir des aides à domicile, et en donnant à celles qui sont à la maison un
statut qui consacre leur activité, avec une aide à déterminer.
Etes-vous favorable au salaire maternel ?
Je trouve que ce serait une très bonne idée, si les recettes de l’Etat le permettent. Notre
société vieillit et elle a besoin d’une dynamique. C’est ma première réflexion. Un autre axe important de la politique familiale concerne l’enseignement et l’éducation. Anne Coffinier, qui dirige
une association d’aide à la création d’écoles hors contrat, a une expression que j’aime beaucoup : les petites classes, dit-elle, doivent être un sanctuaire dans lequel les jeunes enfants
s’éveillent, notamment à tout ce qui est sensoriel : le regard, l’écoute, le toucher, le parler… C’est par là qu’on appréhende la réalité. Ensuite viennent l’apprentissage de la lecture et
de l’écriture. Là encore, l’Etat ne doit pas se substituer aux personnes pour agir à leur place. Parler d’éducation nationale est à mon sens une hérésie : l’éducation est du ressort de la
famille. Il faudrait parler d’enseignement national, ou d’instruction publique.
Vous attachez beaucoup d’importance à la culture de vie. Le 17 octobre, à Madrid , plus d’un
million de personnes ont manifesté contre l’avortement. En France, l’interruption volontaire de grossesse semble être rentrée dans les mœurs. Vous semble-t-il possible de revenir sur sa
légalisation ?
A vues humaines, c’est difficile, mais ceux qui, comme moi, sont attachés à leur foi et à leurs
convictions, doivent défendre le principe du respect de la vie de son début à sa fin. L’avortement et l’euthanasie sont le fruit d’une société égoïste. Pour justifier l’euthanasie, on invoque la
souffrance, mais il s’agit souvent de ne pas avoir une personne âgée sur les bras… Il existe des solutions qui permettent d’accompagner les gens dans la souffrance, mais c’est l’amour qui doit
guider notre action. Même chose pour l’avortement, alors que nous avons besoin d’enfants ! Se pose aussi la question de la responsabilisation de la relation sexuelle ; dont la
société ne veut pas entendre parler. Il y a là une question d’éducation, personnelle, mais aussi sociale. Il faut inverser la tendance en commençant par montrer la beauté de la vie. On pourrait
peut-être ensuite en arriver à la situation de l’Espagne, où l’avortement n’est autorisé que dans des cas particuliers. Cela pourrait constituer un premier pas, mais le principe du respect de la
vie reste absolu.
Depuis trente-cinq ans, un grand nombre d’immigrés s’est installé en France. Vous expliquez
qu’il faut aider les pays d’origine à se développer pour éviter l’afflux de nouvelles vagues d’immigration, critiquez la politique de discrimination positive et constatez le développement du
communautarisme. Vous dites aussi qu’il faut s’efforcer de « redonner à tous le désir et la fierté d’être Français », mais n’est-il pas trop tard quand, dans certaines banlieues, ce
sont le Français qui s’intègrent à rebours ?
Je pense qu’il n’est jamais trop tard. En fait, deux questions se posent aujourd’hui :
celle des religions et celle de l’attrait de la France. Aujourd’hui, notre pays n’est pas attrayant pour les gens qui souhaiteraient lui apporter quelque chose, mais il l’est devenu pour une
catégorie de personnes qui veulent profiter du système d’allocations et s’exprime violemment contre un certain nombre de principes de cohésion sociale et institutionnelle. On cultive la mauvaise
graine. Si l’on faisait le contraire, la situation serait différente. Quant à la question des religions, la France reste un pays fondamentalement catholique dans ses racines et sa façon de
penser. L’islam – que je ne confonds pas avec l’islamisme – est une religion qui a des principes et il existe des musulmans honnêtes qui vivent leur foi, aiment la France et contribuent à son
développement, comme peuvent le faire des protestants ou des juifs. D’autres utilisent au contraire ces principes comme moyen de prosélytisme pour faire progresser l’islam en France et y imposer
des modes de vie qui ne sont pas dans nos racines – et là dessus, il faut être ferme. La difficulté consiste à distinguer les premiers des seconds. Le fait qu’on ait aboli les frontières ajoute à
cette difficulté. Quand des bandes venant de la petite couronne profitent de l’organisation d’une manifestation pour venir à Paris et tout casser, c’est la conséquence de cette politique-là. Il
faut d’abord inverser la tendance, en aidant les pays d’origine à se développer – mais peut-être que certains pays d’origine n’ont pas envie qu’on les aide et que cela procède pour eux d’une
stratégie visant à amoindrir la puissance de pays la France.
Quel est votre regard sur l’Europe ? Et que pourrait apporter une Europe des
monarchies ?
On a mis en place un système qui est assez loin de l’idée d’Europe. C’est un espace qui est
fondamentalement commun puisqu’il repose sur les mêmes racines, mais comme toujours on a voulu le contrôler et l’on a construit une Europe technique, qui impose et qui n’est ni dynamique, ni
libre, ni juste. La meilleure façon d’en revenir, c’est de créer une Europe des princes, qui remette au goût du jour un certain nombre de principes, de bonnes pratiques, et qui soit prête à
relever les défis de notre siècle, économiques, sociaux et humains…
Dans une France déchristianisée, souvent oublieuse de ses traditions et à laquelle on inculque
la haine de son passé, pensez-vous qu’une restauration de la monarchie soit encore possible ?
La monarchie est utile parce qu’elle permet de faire primer le bien commun sur les intérêts
particuliers, et de s’inscrire dans le long terme, alors qu’aujourd’hui on n’est intéressé que par le court terme, qui empêche d’anticiper et de relever les grands défis de notre temps. Elle
permet aussi de sortir du système des partis qui a cannibalisé la vie politique et développé une logique d’affrontement. Est-elle possible aujourd’hui ? Trois éléments sont à
considérer : la préparation du prince – je suis là ; la volonté des Français ; et les circonstances. On peut penser qu’avec la crise, économique mais aussi comportementale, les
circonstances peuvent être là. La volonté des Français ? Je pense que les Français ont le cœur royal mais l’intelligence républicaine. Il faudra leur faire retrouver l’élan du
cœur.
Propos recueillis par Eric Letty et Jacques Cognerais
Jean de France, Un Prince français, entretiens avec Fabrice Madouas, éditions
Pygmalion, 19,50 €
Le 3 novembre dernier, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné l’Italie pour la
présence de crucifix dans les salles de classe, qu’elle a jugée contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions, et au droit des enfants à la liberté de
religion.
L’affaire avait été portée devant les tribunaux par Solie Lautsi, une Italienne résidant à Abano Terme, dont les enfants, Dataico et Sami Albertin, âgés respectivement de onze et treize ans,
avaient fréquenté en 2001-2002 l’école publique Vittorino da Feltre où toutes les salles de classe étaient pourvues d’un crucifix. Elle estimait leur présence contraire au principe de laïcité et
avait informé l’école de sa position, invoquant un arrêt de la cour de cassation qui avait jugé la présence de crucifix dans les bureaux de vote contraire au principe de laïcité de l’Etat. A
l’époque, la direction de l’école, se fondant sur une directive du ministère de l’Instruction publique, avait décidé de laisser les crucifix dans les salles de classe. En 2004, devant la Cour
constitutionnelle, le gouvernement avait soutenu que cette présence était naturelle, le crucifix n’étant pas seulement un symbole religieux, mais aussi, en tant que « drapeau » de la seule Eglise
nommée dans la Constitution, un symbole de l’Etat italien. Le 17 mars 2005, le tribunal administratif avait rejeté le recours de la requérante, jugeant que le crucifix était « à la fois le
symbole de l’histoire et de la culture italienne et par conséquent de l’identité italienne ». Le 13 février 2006, le Conseil d’Etat avait ensuite rejeté son pourvoi au motif que la croix était
devenue une des valeurs laïques de la Constitution italienne et représentait les valeurs de la vie civile. Mais les juges de Strasbourg ont estimé que la croix peut aisément être interprétée par
des élèves de tous âges comme un signe religieux, signe qui peut être perturbant pour des élèves d’autres religions ou athées. Ils ont donc conclu à l’unanimité à la violation de l’article 2 du
protocole 1 (droit à l’instruction) conjointement avec l’article 9 de la Convention (liberté de pensée, de conscience et de religion), et alloué de ce fait 5 000 euros à la requérante pour
dommage moral. L’Etat, explique la Cour, doit s’abstenir d’imposer des croyances dans les lieux où les personnes sont dépendantes de lui. Le gouvernement italien a immédiatement fait appel de
cette décision, tandis que la publication du jugement européen provoquait l’indignation populaire. Ainsi 84 % des personnes se sont dites favorables à la présence du crucifix dans les écoles,
selon un sondage réalisé cinq jours après la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme, contre 14 % qui ont dit non, et 2 % qui ont déclaré être sans opinion. La réaction politique a
été très nette. Pour le chef du gouvernement italien, « il ne s’agit pas d’une sentence coercitive. Il n’y aucune possibilité de coercition qui nous empêche de garder les crucifix dans les salles
de classe. » « Cette décision est inacceptable pour nous Italiens. » C’est « une de ces décisions qui nous font douter du bon sens de l’Europe », a précisé Silvio Berlusconi. Avant de conclure :
« Nous sommes un pays où nous ne pouvons pas ne pas nous dire chrétiens. » La classe politique lui a emboité le pas. Dès l’annonce du verdict, le ministre de l’Education, Mariastella Gelmini, a
dénoncé une décision « idéologique ». La croix « ne signifie pas une adhésion au catholicisme, mais c’est un symbole de notre tradition », souligne-t-elle. « L’histoire de l’Italie passe aussi à
travers des symboles : en les supprimant on supprime une partie de nous-mêmes. (…) Personne, et encore moins une cour européenne idéologique, ne réussira à supprimer notre identité. Notre
Constitution reconnaît en outre, justement, une valeur particulière à la religion catholique. » Ce verdict « piétine nos droits, notre culture, notre histoire, nos traditions et nos valeurs »,
renchérit le ministre à la Simplification administrative, Roberto Calderoli. « Dans tous les cas de figure, ajoute-t-il, les crucifix resteront sur les murs de nos écoles où ils ont toujours été,
comme nous continuerons à avoir nos crèches ou à fêter Noël, car nous sommes fiers de nos symboles et de leur signification. » « Le dialogue interreligieux passe par la tolérance et le respect,
non par une guerre contre le crucifix, qui est au contraire un symbole de bonté et de paix qui, par tradition, trouve depuis toujours sa place dans les salles de classe de nos écoles », commente
pour sa part le sénateur Mauro Cutrufo, vice-maire de Rome.
Olivier Figueras
Interrogé le 11 novembre dans leRépublicain
lorrain, Mgr Raffin, évêque de Metz a répondu aux questions qui portaient sur la Messe traditionnelle qu’il a dû concéder à Metz-Plantières chaque dimanche.
L’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Le journaliste lui demande d’abord son avis sur les fidèles.
Voici la réponse :« Ce sont des catholiques plutôt jeunes qui, dans leur majorité, ne sont pas Mosellans [d’origine]. Il y a beaucoup de militaires,
de jeunes familles, qui ont demandé à profiter des possibilités offertes par Benoît XVI d’assister à une messe en latin selon l’ancien rite. La règle est qu’ils doivent constituer un groupe stable
aux effectifs pas dérisoires. En réalité, c’est un groupe stable, en dehors des vacances scolaires où ils partent… Ce n’est pas grand chose en soi. Je ne vais pas les voir et je n’ai pas
l’intention d’y aller ». Question suivante :Comment les appelez-vous ? Traditionalistes ? Néo-traditionalistes ? Réponse de l’évêque : « ce sont essentiellement des jeunes qui idéalisent un passé qu’ils n’ont pas connu. Moi, je pense
qu’ils se trompent de siècle ». En 2006, Mgr Raffin est déjà l’un des instigateurs d’unCOMMUNIQUÉ DES ÉVÊQUES DE l’Est de la France. En voici, sans
commentaire, le texte intégral. Seul l’évêque de Langres (ô ironie, voir page suivante) n’a pas signé :
« Réunis, le 25 octobre 2006 à Lons-le-Saunier, dans le cadre de l’Instance Régionale Évêques-Prêtres, les évêques de la Province ecclésiastique de Besançon et les évêques des diocèses
concordataires de Strasbourg et de Metz ont décidé de faire part au Saint-Siège de leurs inquiétudes suscitées par la création de l’Institut du Bon Pasteur, dans l’archidiocèse de Bordeaux, et
l’éventualité de la publication d’un Motu proprio du Pape Benoît XVI généralisant l’usage du rite tridentin pour la célébration de la messe.
Les évêques, soucieux du bien commun et de l’unité de l’Église, ont pris cette initiative en raison du trouble ressenti par beaucoup de fidèles, de diacres et de prêtres de leurs diocèses
respectifs.
Estimant que la liturgie est l’expression de la théologie de l’Église, les évêques redoutent que la généralisation de l’usage du Missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile
Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l’unité entre les prêtres, autant qu’entre les fidèles.
Depuis de nombreuses années, d’importants efforts de formation liturgique ont été réalisés ; les évêques s’en réjouissent et encouragent leurs diocésains à poursuivre le travail engagé.
Mgr André LACRAMPE, Archevêque de Besançon
Mgr Claude SCHOCKERT, Évêque de Belfort
Mgr Jean-Louis PAPIN, Évêque de Nancy
Mgr Jean LEGREZ, Évêque de Saint-Claude
Mgr Jean-Paul MATHIEU, Évêque de Saint-Dié
Mgr François MAUPU, Évêque de Verdun
Mgr Joseph DORÉ, Administrateur de Strasbourg
Mgr Christian KRATZ, Évêque auxiliaire de Strasbourg
Mgr Jean-Pierre GRALLET, Évêque auxiliaire de Strasbourg
Mgr Pierre RAFFIN, Évêque de Metz
S'agissant de nos pasteurs, ce genre de rappel se passe de commentaire Alain Hasso
Quand les députés socialistes cessent de s’entredéchirer autour des ruines même plus fumantes
du parti, à quoi emploient-ils leurs temps morts ? A déposer une proposition de loi « relative au droit de finir sa vie dans la dignité », autrement dit à l’euthanasie, comme
viennent de le faire 120 d’entre eux à l’Assemblée nationale.
Elle y sera discutée après-demain, 19 novembre. Elle prévoit notamment d’autoriser une
« aide active à mourir » pour les personnes en fin de vie éprouvant des souffrances psychiques. Il est difficile d’arguer de souffrances physiques, puisque les soins palliatifs
permettent, sinon de les éliminer, du moins de les atténuer.
Comment mesurer la souffrance psychique ? Dans quelle mesure ne découle-t-elle pas du
sentiment d’abandon qu’éprouvent de trop nombreuses personnes âgées, ou de la conviction de représenter une charge pour leurs proches ? Précipiter leur mort, c’est préférer faire droit aux
égoïsmes sous un prétexte humanitaire, plutôt que de chercher une solution dans la charité.
En réaction à cette initiative pernicieuse et dangereuse, une charte des droits des personnes en
fin de vie et un appel contre l’euthanasie ont été mis en ligne sur le site www.fautpaspousser.com
Pour être juste, précisons qu’un certain nombre d’élus socialistes ont refusé de signer cette
proposition de loi, tandis que certains députés de la majorité ont au contraire choisi de s’y associer.
Nous ne manquerons pas de suivre après-demain les débats à l’Assemblée nationale et d’en tenir
nos lecteurs informés. Ils sauront dans quel sens leur député a voté – ce qui les aidera en retour à faire leur choix à l’heure des élections.
On se perd en conjectures sur les motivations qui ont bien
pu pousser un médecin militaire américain à tirer sur d’autres soldats américains, faisant 13 morts et 42 blessés.
Le Monde du 12 novembre, rapportant la cérémonie organisée
après la tuerie, sur la base de Fort Hood, en présence de Barack Obama, évoque ainsi « un acte aux motivations encore floues ». Rappelons les faits pour tenter de les préciser. Ce médecin
militaire musulman d’origine palestinienne, sur le point d’être envoyé en Afghanistan où il refusait de se rendre en raison de son hostilité à l’engagement américain, a ouvert le feu sur ses
camarades en criant « Allah Akbar ». Il paraît donc presque impossible de deviner les raisons profondes de son geste… Des esprits superficiels, emportés par une précipitation condamnable, ont
prétendu que les convictions religieuses du médecin tueur, pourraient avoir contribué à déterminer son geste. Ces esprits superficiels se trompent : mettre en cause l’islam dans cette affaire,
c’est faire le jeu de l’extrême droite. Le journaliste du Monde, Nicolas Bourcier, se réjouit d’ailleurs que Barack Obama ne soit pas tombé dans ce piège : au cours de l’allocution qu’il a
prononcée, pas une fois le président américain n’a cité le nom de l’assassin, Nidal Malik Hasan, ni prononcé le mot « musulman », « évitant d’aborder la question sensible de la place des soldats
de confession musulmane dans les rangs de l’armée américaine » commente notre confrère. Pourquoi ? Il y aurait donc un lien entre les motivations floues d’Hasan et sa religion ? Chut ! Pas plus,
peut-être, qu’il n’existe de lien entre la mission de ce médecin psychiatre auprès des soldats américains de Fort Hood et le fait que ce soit sur cette base que l’on compte le plus de suicides
depuis le début de la guerre en Irak… Hervé Bizien
Je voudrais aujourd’hui simplement vous signaler un nouveau Blog:www.perepiscopus.org qui nous offre quantité d’informations inédites : le blog perepiscopus. Il s’agit – c’est bien de saison – d’un Observatoire des
évêques de France.
Faut-il observer les évêques comme on « observe » n’importe quel ministre, un vulgaire
député ou un People quel qu’il soit ? Rassurez vous : pas de papparazzi à travailler pour ce site.
Certes l’évêque est un personnage sacré. Mais à partir du moment où il travaille en désaccord
avec le pape, à partir du moment où il refuse d’appliquer et la lettre et l’esprit du Motu proprio Summorum pontificum, il ne faut pas qu’il s’étonne. En cela au moins, de manière publique, il
n’est pas un personnage que protègerait le caractère sacré de sa fonction. Je ne parle pas des démentis qui n’ont aucune raison d’être ou des interventions publiques biaisées, qui sont dignes de
n’importe quel homme politique.
Nous avons soif d’évêques qui soient des saints. Il y en a eu. Il y en a en France et ailleurs.
Mais de grâce qu’on nous débarrasse de la quincaillerie politicarde qui les caractérise trop souvent.
Et que eux cessent de réagir comme des personnages sacrés, lorsqu’ils sont mis en cause, alors
même qu’ils n’agissent pas ou n’agissent plus en vertu du sacré de leur fonction. Le blog Perepiscopus ne fait que prendre acte de cette désacralisation…
Qu’est-ce qui fait l’événement ? Mystère…Deux déclarations épiscopales se sont télescopées ces derniers jours sur les téléscripteurs, qui offrent un aspect particulièrement noir de la Conférence épiscopale et de la
communion (ou disons mieux : de la désunion) qui y règne.
Prise en elle-même, aucune des deux n’aurait arrêté l’attention des analystes. Ensemble, elles
constituent un signe fort. Dans le tunnel interminable dans lequel nos seigneurs n’en finissent pas de se dépêtrer, un feu rouge s’est allumé : Stop !
La première de ces déclaration est parue le 2 novembre – jour des morts – dans la lettre de Paix
liturgique. Il s’agissait d’une réaction « à chaud » de Mgr Philippe Gueneley, évêque de Langres. Au mois d’août dernier, quelques personnes s’étaient rendus à la messe à Joinville pour
distribuer le nouveau tract de l’association Paix liturgique. Sur ce tract, on voit Benoît XVI ouvrant les bras et on y lit des questions sur la messe traditionnelle et sa possible réintroduction
dans les diocèses, après le Motu proprio de notre pape. Chacun peut se prononcer librement sur ce sujet en renvoyant le tract à l’expéditeur. Ce n’était pas du goût de Mgr Guéneley qui a
manifesté violemment sa mauvaise humeur après la messe, alors qu’il avait déjà fait un avertissement solennel avant l’office, et une diatribe furibarde en guise d’envoi des fidèles. La place nous
manque. Nous donnerons toutes les informations dans le prochain numéro de Monde et Vie. Ce sera comme si vous y étiez.
Le fait est en tout cas, que l’évêque s’est abaissé à prendre publiquement pour cible trois de
ses confrères dans l’épiscopat. Entouré de sa garde rapprochée, rassemblée autour de lui, il s’est écrié : « Mgr Centène, on l’a fait plier. Mgr Aillet, on lui donne trois ans. Après,
nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler ».
Notons que Mgr Centène est actuellement évêque du diocèse de Vannes ; je pense qu’il
appréciera d’être considéré par son confrère comme un évêque « plié ». Mgr Aillet est le jeune et fougueux évêque de Bayonne : dans trois ans, aura-t-il tellement vieilli ?
Quant à Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon, c’est lui qui possède, depuis au moins deux ans maintenant, le plus grand nombre de séminaristes. Il y a plus de jeunes qui se préparent à devenir
prêtre à Toulon qu’à Paris… S’il coule un jour, ce sera de surcharge ! Mais je crois qu’en ce domaine comme en beaucoup d’autres, abondance de biens de nuit pas… Le naufrage de Mgr Rey est
simplement un vilain fantasme auquel publiquement cède son confrère Mgr Guéneley, avec une de ces délectation qu’autrefois, non sans raison, on appelait moroses.
Vous me direz : mais non ! Madame Véronique Gallissot, déléguée épiscopale à
l'information, a publiquement démenti que de telles énormités aient jamais pu être proférées par un évêque français : « Monseigneur Gueneley, de retour de Lourdes, me charge de vous
dire qu'il n'a pas tenu les propos qui lui sont attribués » a-t-elle écrit à nos confrères du Salon beige, qui avaient relayé l’information.
Eh bien ! Madame Gallissot n’y était pas et Monde et Vie a retrouvé le témoin. Nous sommes
en mesure de dire – parole contre parole – que ces propos ont bel et bien été tenu et nous vous donnerons, dans notre prochain numéro, diverses information sur l’évêque de
Langres.
Oh ! Ces mots doux ne seraient rien. On est tellement habitué au mépris des évêques
français pour leurs fidèles que l’on n’est guère surpris de constater qu’ils se méprisent aussi entre eux. Le problème c’est que sur ces entrefaites, le 5 novembre précisément, soit trois jours
après, c’est le président de la Conférence épiscopale, Mgr Vingt-Trois, d’habitude pourtant tellement maître de lui, qui se met à tenir, sur certains confrères dans l’épiscopat qu’il ne nomme
pas… un discours disqualifiant, qui ressemble fort – un zest d’ironie en plus – au discours de Mgr Gueneley. Il n’est pas tendre : « On peut avoir un évêque qui croit aux communautés
nouvelles : il sonne la cloche, appelle six communautés nouvelles dans son diocèse et pense que ça va marcher ! Cela va peut-être marcher tant qu’il sera là, mais après ? ». Ce texte
hallucinant, paru dans La Croix du 5 novembre, où le premier des évêques français rompt publiquement la communion de rigueur entre frères et entre pasteurs en critiquant l’un d’entre eux de toute
son autorité, prend un relief fâcheux si on le rapproche des paroles de Mgr Gueneley.
Personne n’est dupe, du reste ! Dès le 8 novembre, même si Mgr Vingt-Trois, dans sa
semonce, n’a donné aucun nom, c’est Mgr Rey qui est interviewé par RCF. Les deux déclarations – celle de Mgr Gueneley et celle du cardinal Vingt-Trois - sont impitoyablement rapprochées l’une de
l’autre par la rédaction de la Radio chrétienne, qui n’hésite pas à demander à Mgr Rey ce qu’il pense de ces deux mises en cause.
De son côté, Mgr Rey, avec beaucoup de panache et un sens profond de la communion
ecclésiastique, souligne que Mgr Vingt-Trois ne peut pas avoir pris position « contre l’accueil », car « l’accueil est une vertu évangélique ». Mgr Vingt-Trois va-t-il
lui-même démentir ses propres paroles ou faire acte de repentance au nom de l’Evangile ? Ou bien devra-t-on dire que le principal fruit de l’Assemblée des évêques à Lourdes est d’avoir
montré définitivement la collusion de l’évêque de Langres et de l’archevêque de Paris dans une même détestation indiscrète de tout ce qui leur semble opposé à leur propre projet
pastoral.
En tout état de cause, cette collusion étrange contient un enseignement de la plus haute
importance. Il y a un peu plus d’un an, à Lourdes justement, le Saint Père avait dit : « Personne ne doit se sentir de trop dans l’Eglise ».
Aujourd’hui, pour l’Eglise de France, le problème fondamental, ce n’est ni le manque de prêtre
ni la déchristianisation inexorable… C’est que beaucoup de prêtres, au seul titre qu’ils font partie de communautés nouvelles, sont considérés comme étant des prêtres « en trop ». Et
qu’il est inadmissible qu’il se trouve un évêque – Mgr Rey - pour les accueillir.
Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été
marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les
non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la
République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques
pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un
test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu
par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à
ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle
n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort
de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et
les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la
première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter
durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace
l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux
cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute
spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?
Eric Letty
éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)
:
La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.