Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 15:37

  La lecture des journaux destinés à nos chères têtes blondes est des plus instructive. J’ai ainsi parcouru, un peu par hasard, le numéro daté du 4 décembre 2009 de Mon Quotidien, un petit journal de huit pages distribué dans la classe de mon fils, élève de CM1.

Dans ce numéro consacré au gorille, je lis : « 6 grands singes. Les grands singes actuels sont le bonobo, le chimpanzé, le gibbon, le gorille, l’orang-outang et l’homme. »

Textuellement.

L’affirmation m’a fait grimper aux rideaux, à défaut des arbres (un peu handicapé par rapport à mes alter ego le chimpanzé et le gibbon, j’ai malheureusement besoin d’une échelle pour escalader mon poirier). Au demeurant, j’aurais bien tort de penser que cette histoire d’échelle suffise à me hisser au-dessus de mes frères primates, puisque Mon Quotidien affirme dans le même article : « Grâce à leur cerveau plus développé, les grands singes ont de grandes capacités intellectuelles. » (C’est nous faire trop d’honneur…) « Ils peuvent se servir de bâtons, de pierres, etc., comme outils. Certains savent même sélectionner des plantes pour soigner leurs douleurs… »

Il paraîtrait même que l’un des six grands singes – je ne sais plus si c’est le bonobo ou l’orang-outan, il faudra vérifier – a inventé des trucs encore plus forts, comme l’agriculture, la navette spatiale, l’ordinateur, ou même, pour se soigner, la radiologie et la greffe du cœur.

 C’est fou ce que ces grands primates sont doués !

Mon Quotidien, qui ne mélange pas les torchons et les serviettes, comme on dit, prend garde de bien différencier les grands singes des petits : les six espèces précitées « se distinguent des petits (ouistiti, tamarin, mandrill, macaque, capucin…) par leur plus grande taille : entre 70 cm et 2 m (contre 15 cm pour certains petits singes). » Par ailleurs, « les grands singes ont des pattes avant, ou bras, plus longs que les petits singes. Cela leur permet de se suspendre. »

Pour vérifier, j’ai tenté de me suspendre à la tringle à rideaux, qui a malheureusement cassé ; mais ça marche quand même, la preuve : ma femme immédiatement m’a conseillé d’arrêter de faire le singe…

Ce que l’éminent zoologue qui a rédigé l’article de Mon Quotidien n’a pas l’air de savoir, c’est qu’il existe aussi une différence, assez minime sans doute, entre l’homme et les cinq autres grands singes cités dans son article : l’homme a 46 chromosomes, et les grands singes 48. Ça n’a l’air de rien, mais cela le différencie beaucoup plus radicalement que la longueur des bras. Ce genre de détail génétique est même de ceux qui différencient les espèces les unes des autres…

Je l’ai expliqué à mon fils de 9 ans ; Je lui ai aussi expliqué qu’en dépit des apparences, certains grands singes pourtant doté de 46 chromosomes et écrivant dans la presse enfantine sont plutôt des ânes que des singes.

Mais ça, il l’avait déjà compris.

Hervé Bizien

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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