Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 14:27

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociale (Igas), qui devait être remis ce mardi au ministre de la Santé Roselyne Bachelot, affirme que, trente-cinq après la loi Veil, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception est encore compliqué. Dans le même temps, le rapport affirme que la France compte plus de 200 000 avortements par an. On se demande ce qu’il en serait si l’accès n’y était pas aussi « compliqué » !

Pour l’Igas, il s’agit là d’une « situation paradoxale », puisque la France cumule un taux de natalité très élevé, un taux de diffusion de la contraception « parmi les plus élevés au monde » et un taux d’avortement qui « reste à un niveau relativement important ».

On ne sait trop ce qu’elle entend par taux de natalité très élevé, puisque, pour 2009, celui-ci était de 1,99 (enfant par femme en âge de procréer) en France, alors que le taux officiel de renouvellement de la population est de 2,1.

Mais l’Igas n’en estime pas moins que, malgré les « progrès réels » de la loi de 2001 – qui a porté le délai légal d’IVG de dix à douze semaines – il convient de renforcer la prévention, en particulier en direction des plus jeunes.

La prévention des naissances donc, pour faire en sorte que notre taux de natalité très élevé chute, bien au-dessous du taux de renouvellement de la population. Autrement dit, c’est la mort programmée d’une population…

Le rapport se lamente d’ailleurs de ce que le nombre d’établissements pratiquant l’avortement soit passé de 729 en 2000 à 639 en 2006. En cause le fait que l’avortement ne paie pas…

Autre préoccupation de l’Igas, l’échec de la contraception – qu’il faut pourtant renforcer… – puisqu’elle note un « niveau préoccupant » de ratés. Ainsi 72 % des avortements – c’est tout de même une brèche importante dans le discours… – sont réalisés sur des femmes qui étaient sous contraception.

Pauvres jeunes, se lamente-t-elle, auxquels le droit à la contraception est « dénié dans les faits », puisque les ados doivent présenter la Carte vitale de leurs parents pour se faire rembourser.

Que l’Igas se rassure ! Roseline Bachelot a dit son intention de « mettre le paquet sur l’information en milieu scolaire » en matière d’éducation à la sexualité pour faire reculer le nombre de grossesses chez les mineures.

Le ministre de la Santé entend en outre prendre des mesures pour garantir un égal accès à l’avortement sur le territoire, et promet une consultation médicale gratuite et anonyme pour les mineures. Elle a par ailleurs indiqué que le gouvernement allait augmenter de 10 % la rémunération pour les établissements où l’on pratique l’avortement.

Etc.

Olivier Figueras

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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