Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 14:15
Au sein de l’équipe de François Fillon, Luc Chatel cumule les casquettes de ministre de l’Education nationale et de porte-paroles du gouvernement. C’est à dessein que je mets au pluriel le mot « paroles », car ce politicien en a plusieurs selon les interlocuteurs auxquels il s’adresse.
Il vient de le montrer, dans ses fonctions de ministre de l’Education, à propos du film d’animation Le Baiser de la lune. Je rappelle que ce court-métrage signé Sébastien Watel, qui met en scène les amours de deux poissons homosexuels sous le regard d’une vieille chatte archaïque, devait initialement être diffusé dans les classes de CM1 et de CM2.
Il a provoqué une tempête de protestations, relayée par de nombreux blogues, sites Internet, journaux et associations. Une pétition, mise en ligne par le site des 4 vérités*, a recueilli près de 20 000 signatures. Le Collectif pour l’enfant, les Associations familiales catholique, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, ont pris position contre le projet, ainsi que plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien ministre Christine Boutin.
Devant cette levée de boucliers, les ministères de l’Education nationale et de la Jeunesse et des Sports ont demandé à Sébastien Watel de retirer leurs logos de la liste des partenaires officiels du site et Luc Chatel lui-même a convenu que le court-métrage n’avait « pas vocation à être diffusé en primaire à l’école ». Ce n’était qu’une victoire à la Pyrrhus, puisque le ministre annonçait qu’il serait en revanche présenté dans les collèges et les lycées : il semblerait donc que la promotion de l’homosexualité soit désormais intégrée dans les programmes de l’Education nationale…
Les optimistes qui – comme nous – s’étaient toutefois félicités de cette fausse victoire, en considérant qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, vont devoir déchanter. Le site Internet du magazine homosexuel Têtu fait état, en effet, de la rencontre qui a eu lieu, le 15 février dernier, entre Chatel et les représentants d’un « Collectif Education contre les LGBTphobies en milieu scolaire » et de plusieurs associations « inter-LGBT » (entendez lesbiennes, gays, bi et transsexuels ). Au cours de cette entrevue, le ministre aurait assuré ces militants du lobby homosexuel que les enseignants du primaire qui choisiraient de diffuser le Baiser de la lune dans leur classe ne seraient pas sanctionnés, et qu’ils en avait la « liberté pédagogique ».
Pour en savoir plus, nous avons contacté le service de presse du ministère.
Quant à l’exactitude des informations rapportées dans Têtu par Philippe Castel, représentant de l’« Inter-LGBT », le service de presse nous a indiqué qu’il n’y avait pas de raison d’en douter.
Quant à la « liberté pédagogique », il apparaît que « dans l’Education nationale, l’enseignant n’est pas censé rendre compte des supports pédagogiques qu’il utilise. » Peut-il donc utiliser n’importe quel support pédagogique ? « Oui, nous a-t-on répondu, pourvu qu’il soit labellisé par l’Education nationale ».
La question se pose donc de savoir si, oui ou non, le film de Sébastien Watel a été labellisé par l’Education nationale comme un outil pédagogique pouvant être utilisé à l’école primaire. Dans l’impossibilité de nous répondre, notre interlocutrice au service de presse du ministère nous a dirigé vers la personne chargée du dossier à la région Bretagne, qui nous a elle-même renvoyés vers l’inspection d’académie d’Ille-et-Vilaine, où l’on nous a fait savoir que M. l’Inspecteur était en vacances…
Qu’à cela ne tienne, nous attendrons qu’il en revienne. En tout état de cause, il apparaît pour l’instant, soit que Luc Chatel n’a qu’une notion assez floue de ce que recouvre la « liberté pédagogique » ; soit que le Baiser de la lune est bel et bien labellisé par l’Education nationale en tant qu’outil pédagogique utilisable dans les écoles primaires.
Au reste, la différence est mince. Philippe Castel résume très bien la stratégie politicienne du ministre, en expliquant sa « prudence » par le désir de ne pas « se mettre à dos un électorat conservateur » en période pré-électorale. Ce qui signifie clairement, d’une part, que le ministre est en réalité d’accord avec les représentants du lobby homosexuel, et, d’autre part, qu’il nous prend pour des gogos. En quoi il ne diffère guère de l’ensemble du gouvernement.
C’est ainsi que, depuis longtemps, sont trahies les droites.

Hervé Bizien

* Le site des 4 Vérités a lancé une deuxième pétition pour demander à Luc Chatel de clarifier sa position, en confirmant ou en démentant officiellement les propos que lui prête Têtu.
Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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