Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 09:08

Une « manifestation monstre », plus d’un million de personnes dans les rues, familles avec leurs enfants, jeunes et personnes âgées au coude à coude, prêtres et religieuses, accompagnés par les principales figures de la droite, à commencer par l’ancien chef du gouvernement José Maria Aznar, tous venus crier leur opposition au projet de loi gouvernemental « libéralisant » l’avortement jusqu’à 14 semaines : ce spectacle réjouissant ne s’est malheureusement pas déployé dans les rues parisiennes, mais madrilènes, samedi dernier.

Pour diminuer ce succès éclatant, le gouvernement socialiste de Zapatero n’a eu d’autre ressource que de créer une polémique artificielle autour du nombre des manifestants, une médiocre bataille de chiffres à laquelle les médias français, qui dans leurs très grande majorité défendent bec et ongles l’« IVG », s’accrochent en désespoir de cause pour minimiser l’importance de cette réaction populaire contre la culture de mort.

Pour Benigno Blanco, président du Forum de la famille qui est à l’origine de cette manifestation, celle-ci « ne vise pas qu'à réclamer le retrait de la nouvelle loi, le message de fond est que le débat ne sera pas clos tant qu'il y aura un seul avortement en Espagne ». Claro !

Nos bobos médiatiques s’en trouvent d’autant plus mal que ce même dimanche, à Paris, les 103 associations féministes, partis et syndicats de gauche qui avaient appelé à manifester pour la parité et les « droits » des femmes, à commencer par celui de tuer l’enfant dans le ventre de sa mère, ne sont parvenus à rassembler que 5 000 nostalgiques rancies de mai 68. Les personnalités ne manquaient pourtant pas à la tête de ce maigre troupeau : on y voyait entre autres Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon, le cégétiste Bernard Thibault, Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet, l’adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo… Etat-major sans troupes, suffoqué par l’esprit de vieillesse et ahanant comme Martine Aubry, la femme-tronc, les vieux slogans éculés des 343 salopes sur le droit de la femme à disposer de son corps en éliminant celui de son enfant. Et n’est-il pas normal, après tout, que le féminisme tombe en décrépitude, quand tout son effort tend depuis 35 ans à assassiner la jeunesse ?

Eric Letty

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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