Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 20:27

Combien étaient-ils à marcher, dimanche, à Paris pour la défense de la vie ? Des milliers ? des dizaines de milliers ? La réalité est blottie quelque part, derrière tel ou tel zéro, bien au-dessus des 3 100 comptabilisés par les forces de l’ordre, et se rapprochant des 20 à 25 000 affichés par les organisateurs. Certains médias, en tout cas, débordés sans doute par cette joyeuse persistance, n’ont pu empêché cette année ces milliers d’entrer dans leurs colonnes et leurs ondes…

Combien étaient-ils de prêtres, de religieux et de religieuses, de tous horizons, et de toutes “sensibilités” ? Des centaines sans doute, pour la plupart jeunes, venus en masse pour répéter aux échos de Paris une réalité qu’un monde préfabriqué veut fuir.

Un évêque ! Il y avait même un évêque, venu prier – et marcher – avec ses ouailles ; un évêque enhardi sans doute par le soutien manifesté par une vingtaine de ses confrères, dont le cardinal Barbarin. Un évêque qui a brisé pour toujours le mur du silence et d’on ne sait trop quelle démarcation entre catholiques. Un évêque discret, mais bien présent : Mgr Lebrun, de Saint-Etienne.

A Bruxelles aussi…

Ce lundi, un autre évêque aussi occupe les pensées, et les colonnes médiatiques. « Le pape a nommé André-Mutien Léonard, jusqu’à présent évêque de Namur, archevêque de Malines-Bruxelles » (et donc nouveau primat de Belgique), a officiellement indiqué le Vatican ce matin.

La rumeur qui se propageait depuis quelques temps se voit donc confirmée, au grand dam de certains qui craignent un retour dont ne sait trop quoi. Pensez : Mgr Léonard est connu pour ses positions “conservatrices”… On l’a vu ordonner des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (qu’il a paternellement accueillie dans son diocèse de Namur), et célébrer la forme extraordinaire au Barroux et dans d’autres lieux. On l’a vu s’opposer à la promotion du “mariage” homosexuel, etc. Bref ! se conduire en évêque, et rappeler sans peur la doctrine catholique. Au point que certains l’appellent le Ratzinger belge. On ose supposer que personne ne s’offusque de ce qu’un évêque catholique soit comparé au Pape…

« Nous avons le même amour pour l’Eglise, nos ADN sont différents », a déclaré ce matin son prédécesseur, le cardinal Danneels, qui a assuré, en réponse aux craintes de certains, que « ce n’est pas parce que le menu est servi par un autre que le menu a changé ».

Mgr Léonard s’est contenté de préciser : « La différence est surtout dans le style, l’approche. Le cardinal a d’abord le souci de l’harmonie, de la paix, de la concorde… J’ai aussi ce souci. Mais je veux bien risquer un petit combat, une petite polémique. »

Ce qui est déjà une « différence » de taille. Qu’il ponctue plus clairement encore en ajoutant : « Je sais par conviction personnelle, par expérience, qu’on gagne à montrer avec clarté ce qu’être chrétien implique. »

Olivier Figueras

 


MARCHE POUR LA VIE 2010 - REPORTAGE CEC

 

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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