Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 19:55
 
Le 26 septembre dernier, Mgr Rey a ordonné, en la cathédrale de Toulon, deux prêtres (et un sous-diacre) dans la forme extraordinaire du rite romain : Eloi Gillet, membre des Missionnaires de la Miséricorde Divine, et Marc de Saint-Sernin, ordonné pour le diocèse.

C’est bien là ce qui constitue la nouveauté, du moins depuis la réforme liturgique, de l’acte posé fin septembre par l’évêque de Toulon : ordonner, selon les livres traditionnels, un prêtre diocésain, un prêtre de son diocèse, dans la libre et pleine acceptation du Motu proprio Summorum Pontificum.Il ne faudrait pas croire, pour autant, que Mgr†Rey entendait conserver ces deux nouveaux prêtres comme des espèces de reliques d’un temps aimable mais révolu. Evoquant, au cours de son sermon, la figure du Curé d’Ars, donné en modèle aux prêtres du monde entier dans le cadre de l’Année sacerdotale, il les invita bien plutôt, loin des discours lénifiants et infantilisants du jour, à un combat spirituel, à une sainteté de combat : «Sa sainteté ne fut pas la recherche d’un accomplissement de soi qu’il se serait donné, mais un vide que Dieu a rempli de sa plénitude.»
Ce combat passe principalement par le respect des engagements sacerdotaux : «†engagement au célibat, obéissance à son évêque, volonté de se sanctifier en sanctifiant sans relâche le peuple qui lui est confié, par l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements, le gouvernement d’une communauté dont il doit être le bon pasteur, donnant sa vie pour celles et ceux que le Christ lui a confiés†». Une vie qui doit se préserver tout à la fois du matérialisme, du sensualisme, de l’individualisme et du relativisme…Et, pour cela, être tout à la fois un être de prière et un missionnaire, afin de «†donner Jésus, signifier sa miséricorde, se rendre accessible à tous†».Et Mgr†Rey de conclure, avec tendresse et fermeté : «†Cher Eloi et cher Marc, c’est bien le “oui” à Dieu du Curé d’Ars que vous allez prononcer. En ce jour de grâce, que la sainteté du Curé d’Ars vous touche de plein fouet, dans toute sa pureté et dans toute son intensité. Configurés au Christ Bon Pasteur, tête de son Corps qu’est l’Eglise, puissiez-vous comme lui, et à partir de ce jour, être tout donnés à Dieu pour être tout à vos frères jusqu’au terme de votre vie !†»Ce n’est pas là qu’un discours, car l’évêque de Toulon prêche d’exemple. Tout au long de cette journée, au séminaire de La Castille – qui compte tout de même quelque soixante séminaristes –, on aura pu le voir disponible, répondant aux uns et aux autres, et jusqu’aux plus petits qui venaient jouer dans ses jambes.Et lorsqu’on lui demande quelle part une cérémonie traditionnelle telle que celle qu’il vient de célébrer a dans son diocèse, il répond, à l’instar du droit de cité affirmé par le cardinal Castrillon Hoyos à Sainte-Marie Majeure en 2004 : «†On ne peut pas faire fi de cette tradition, on doit l’intégrer, lui donner sa place.†» Et précisant, dans le sens de l’herméneutique de la continuité développée par Benoît XVI, qu’il ne voit aucune difficulté à «†assumer à la fois la célébration de [cette] liturgie†», et à se «†reconnaître tout à fait héritier de la tradition de l’Eglise et du concile Vatican II†».Son diocèse illustre ce propos : la tradition s’y développe en harmonie, en symphonie, selon l’expression de Mgr†Rey, avec la vie de l’ensemble de la communauté catholique. Et de nombreux représentants des communautés traditionnelles étaient présents à cette cérémonie : Fraternité Saint-Pierre, Institut du Bon Pasteur, Barroux, Institut du Christ Roi…
Olivier Figueras
Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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