Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 13:04
Elle avait une quarantaine d’années. Un « beau » jour de 2007, à Jabal Akhdar, un quartier du centre d’Amman, capitale de la Jordanie, elle a été tuée par son frère âgé de 21 ans. Pas pour l’une quelconque de ces raisons qui « justifient » régulièrement les fameux crimes d’« honneur ». Mais parce que, possédant un téléphone portable, elle l’utilisait fréquemment. Trop fréquemment, semble-t-il, pour ne pas engendrer la suspicion de son petit frère…
Arrêté peu après son crime, le petit frère a reconnu avoir poignardé sa sœur parce qu’il ne supportait pas ce que son attitude avait de suspecte. Le tribunal l’a alors condamné à mort pour assassinat.
L’histoire pourrait s’arrêter là. Sauf que la sentence n’a toujours pas été exécutée. Et qu’elle ne le sera jamais. La famille a en effet décidé de ne pas faire valoir ses droits légaux. De ce fait, dimanche dernier, le tribunal a commué la peine de mort en une autre, plus clémente, de dix ans d’emprisonnement…
On sait que le Parlement a refusé par deux fois de réformer le code pénal pour aggraver les peines encourues par les auteurs de ce genre de crime. Dès lors, pour l’Etat comme pour la justice, pour la famille même, la chose est claire. S’il est difficile de ne porter aucune condamnation contre un homme qui tue sa sœur, sur une simple suspicion qui plus est, il est manifeste que la sœur a bien moins d’importance que son frère ; bien moins surtout que l’« honneur » de la famille.
Que celle-ci se rassure ! Lorsqu’il sortira de prison, le petit frère n’aura que 30 ans ; et il lui sera toujours loisible de veiller à ce que ses autres sœurs (s’il en a) ou ses cousines, voire ses voisines, ne violent pas impunément l’« honneur » familial.
Olivier Figueras
Par monde et vie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés