Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 13:56
  Très critiqué, le Belge Herman Van Rompuy, qui quitte la tête du gouvernement belge pour prendre celle du Conseil européen, pourrait bien ne pas être aussi terne qu’un certain nombre de politiques le veulent croire – ou veulent le faire croire. A commencer par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing qui estime que ce  choix « témoigne d’une ambition limitée pour l’Europe au moment où se déroulent les grands dialogues mondiaux »…Certes, certains chefs d’Etat et de gouvernement ont manifesté qu’ils ne dédaigneraient pas de conserver leur influence – bien au contraire… Mais il ne faudrait pas croire pour autant que la personnalité inconnue (ou prétendue telle) d’Herman Van Rompuy soit, de ce fait, sans consistance.
  D’abord, parce que cette nomination vient concrétiser une nouvelle étape de la construction européenne, avec la mise en place du traité de Lisbonne. Une étape éminemment politique, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, et que la critique du président du Front national pointe avec précision. « Il paraît que nous avons désormais un “président de l’Union européenne”, voire même un “président de l’Europe”. Mais le traité de Lisbonne instituait un “président du Conseil européen”, chargé de présider les réunions des dirigeants des pays membres et non de “présider l’Europe” », s’insurge Jean-Marie Le Pen en soulignant que le maquillage censé cacher la mise en place d’un super-Etat européen « n’aura même pas tenu jusqu’à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ».
  Ensuite, parce que ce chrétien-démocrate flamand, réputé catholique pratiquant, élevé chez les Jésuites, passé de saint Thomas d’Aquin aux joies de l’économie, passe pour tenir à ses idées. Ainsi déclarait-il, il y a quelques mois : « La Turquie ne fait pas partie de l’Europe et ne fera jamais partie de l’Europe. Un élargissement de l’UE pour inclure la Turquie ne peut pas être considéré comme une simple extension comme dans le passé. Les valeurs universelles qui sont en vigueur en Europe, et qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur force avec l’entrée d’un grand pays islamique comme la Turquie. » Ce qui ne l’empêche pas de se vouloir fédéraliste européen, et d’être favorable à un élargissement de l’Union européenne.
  Enfin, parce que ses marottes, malgré tout, rejoignent le discours écolo-énergétique si cher aux européistes de tout poil. N’a-t-il pas été jusqu’à déclarer, jeudi, après sa nomination : « (…) 2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par l’action. »
  On le voit, Herman Van Rompuy aurait pu écrire le compte-rendu de la réunion annuelle du Bilderberg qui portait, cette année, sur la réforme de l’économie politique mondiale. Or, c’est justement avec les dirigeants de cet organisme que Van Rompuy a dîné quatre jours avant sa nomination. Et c’est eux qu’il a entretenu de la nécessité pour l’UE de lever de nouvelles éco-taxes.
  Qui voudrait croire à une coïncidence ?

Olivier Figueras
Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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