Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 19:22
Pas besoin d’être sur Facebook pour avoir entendu parler de ces fameux groupes d’amis dans lesquels vous pouvez déclarer votre flamme à Eric Zemmour, parce que vous êtes fans du « Premier sexe » ou à Elisabeth Badinter, parce que vous signez tous ensemble pour lui procurer ce cœur qui semble tellement lui manquer. L’histoire ne dit pas si une simple greffe suffirait, mais c’est amusant ! Parfois pourtant cela dépasse les bornes.
Dans ce cadre sympathique où les amis batifolent dans le virtuel et où, chers amis, vous ne me trouverez pas, l’agence Novopress vient de découvrir un lièvre, et d’un bon poids ! Figurez-vous que parmi ces groupes d’amis, il y a aussi des groupes d’ennemis. Le but n’est plus alors de déclarer sa flamme mais de vouer aux flammes la personne que vous détestez le plus au monde.
C’est ainsi que s’est créé récemment un grouper de discussion sur le thème : « Courir nu dans une église en poursuivant l’évêque ». Novopress précise les circonstances qui constituent ce dossier virtuel : « En ouverture de la page Facebook, une photo d’évêque. Pas un évêque virtuel, un vrai. En fonctions. Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin depuis 2008 et président de la Commission épiscopale pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale. Au passage, il est titulaire d’un DEA de théologie morale à l’Institut catholique de Paris. A ce jour, le groupe compte près de 12 000 « fans ». Pour être précis : 11 936. Tous morts de rire ! ». Il y a 12 000 crétins s’imaginer à poil ventre à terre derrière Mgr Giraud, dont je précise, pour ceux qui ne le connaissent pas que son apparence désespérément Bon Chic Bon Genre lui laisse le charisme d’un beignet… Cette fantasmatique extrêmement riche allait rapidement connaître un déploiement inédit, puisque l’un des satyres ou l’une des ménades, qui se sont inscrits à cette bacchanale virtuelle a posé la question fatale : « Qu’est-ce qu’on fait quand on l’a attrapé ? ». Les réponses manifestent une imagination débordante, ou plutôt cette curieuse ingéniosité qui révèle le cérébral en manque. Ecoutez encore Novopress : « Le 18 février, l’un d’eux lance : « Qu’est-ce qu’on en fait une fois qu’on l’a attrapé ? » Une minute après, la première réponse fuse : « On le crucifie la tête en bas en lui chatouillant les couilles avec un foetus mort. » Mgr Giraud est membre de la commission d’éthique de l’Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant à Paris (1991-1994). Un autre internaute bondit : « On le viole, et le force à écrire “Fuck Of my Lord“ sur le mur de l’église. » Puis un troisième : « On l’attache à une chaise puis on apporte une bonne sœur et on baisse la culotte de la bonne sœur devant lui et là  c’est le drame  » Et un quatrième : « On lui montre une vidéo de Michael Jackson avec des enfants pour le rendre jaloux. » 
Notez juste les prénoms des petits violeurs virtuels : Thomas, Benjamin, Maxime, Baptiste, bref des petits Franchouillards bien de chez nous, qui détestent, oh ! non pas leur évêque, ce serait lui faire trop d’honneur, mais l’idée même qu’il puisse y avoir un évêque.
Pour la petite histoire « Un autre groupe, tout aussi crétin, s’est créé sur Facebook : « Courir nu dans une mosquée en poursuivant l’imam ». Celui-ci ne compte que 72 membres. Et les commentaires ne relèvent pas de la même approche. L’un s’insurge contre ce groupe « irrespectueux ». Un autre écrit : « Vous vous rendez compte que ce que vous dites est non seulement une insulte à l’Islam mais aussi une insulte à la laicité […] Se moquer de quelqu’un à cause de ses convictions religieuses c’est comme se moquer de quelqu’un à causes de ses préférences sexuelles. »
L’anticléricalisme de grand papa aurait dû mourir faute de combattants. Le fait est que, au compteur de Facebook, la catophobie est bien plu fréquente que l’islamophobie.
Claire Thomas

Toutes les photos sont sur Novopress. Allez voir cela vaut le détour…
 
NDLR : avis aux "facebookiens" si vous êtes vous aussi choqués, rejoignez ce groupe

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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