Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 19:35

L’ancien président de la République n’a rien avoir avec le roi des gangsters ; mais…

A l’époque où Al Capone, le roi de la pègre de Chicago, régnait en maître sur le crime organisé, Eliot Ness et ses incorruptibles parvinrent à le faire tomber pour une banale affaire de fraude fiscale.

Tout rapport avec Jacques Chirac est bien sûr exclu ; l’ancien président de la République est seulement mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans une affaire portant sur sept emplois fictifs dans les années 1990. Sept personnes rémunérées par la mairie de Paris, alors qu’elles travaillaient pour le RPR.

L’affaire apparaît ridicule, au regard de toute la vie publique et politique de l’ancien premier ministre, maire de Paris et président de la République.

Sept emplois fictifs.

Pour les mêmes raisons, Alain Juppé, l’ancien premier ministre et bras droit de Jacques Chirac, avait été condamné en appel, en 2004, à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

Ce n’est pas le seul des lieutenants de Chirac à avoir eu ou à avoir des démêlés avec la justice.

Dominique de Villepin, son dernier premier ministre, mis en cause dans l’affaire Clearstream, a été la principale vedette d’un procès sur lequel a plané l’ombre de l’ancien président.

Charles Pasqua, son ancien ministre de l’Intérieur, l’a nommément mis en cause après avoir été condamné dans l’affaire des ventes d’armes à l’angola.

Gaston Flosse, son ancien secrétaire d’Etat chargé du Pacifique sud, ex- président du gouvernement de la Polynésie française, proche de Chirac au point de lui avoir demandé d’être le parrain de l’un de ses enfants, se trouve mis en examen pour corruption passive, recel d'abus de bien sociaux et destruction de preuves, et a été placé en détention provisoire au mois de novembre.

Jean Tibéri, collaborateur de premier plan de Chirac à la mairie de Paris, poursuivi dans l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, a été condamné au mois de mai dernier à dix mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

Michel Roussin, son ex-directeur de cabinet à la mairie de Paris, fut condamné en première instance, puis en appel, dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France.

Plusieurs autres de ses collaborateurs ont été mis en examen ou condamnés dans l’affaire des HLM d’Ile-de-France. Dans une K7 enregistrée par ses soins, l’homme d’affaires Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR et membre de son comité exécutif, impliqué dans cette affaire de corruption, avait affirmé avoir remis 5 millions de francs en espèces à Jacques Chirac en octobre 1986.

Alors, non, bien sûr Jacques Chirac n’est pas Al Capone. Et sa mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris n’a donc rien à voir avec la chute de l’ancien roi de la pègre de Chicago, sur une dérisoire affaire de fraude fiscale…

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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