Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 08:23

L’Etat a vendu lundi à la Russie le siège parisien de Météo France, poursuivant ainsi la cession de bâtiments ou inutiles, ce qui lui a déjà rapporté 3 milliards depuis cinq ans.

« Soucieux de couper court à toute nouvelle polémique », assure l’AFP, le ministère du Budget affirme, dans un communiqué, que « cette opération a suscité l’intérêt de nombreux investisseurs français et internationaux. A l’issue de cet appel d’offres, l’Etat a retenu la proposition assortie du prix le plus élevé [on parle d’au moins 60 millions d’euros]. Celle-ci émane de la fédération de Russie. »

On n’en saura pas plus, ni de l’agence de presse, ni du ministère sur cette évocation polémique. Mais ceux qui ont lu l’édition de la semaine dernière de notre confrère Minute (www.minute-hebdo.fr) – et, nous pouvons le dire ici, qui liront l’édition prochaine – savent que l’Arabie Saoudite (ainsi que le Canada) étant sur les rangs des acquéreurs, il était question, ni plus ni moins, de transformer ces locaux en centre culturel et cultuel. Autrement dit : en mosquée. Et que ce n’est sûrement pas pour une question d’argent

Construit en 1948 pour les services de la Météorologie nationale, le bâtiment de plus de 8 000 m2 cédé lundi est situé sur les quais de la Seine, à proximité de la tour Eiffel, dans le VIIe arrondissement de Paris. Quant au siège de Météo France, où travaillent 430 personnes, il doit déménager à Saint-Mandé dans un bâtiment neuf qui abritera aussi l’Institut géographique national.

Si l’on en croit un porte-parole de l’ambassade de Russie à Paris, il devrait être transformé en « un centre spirituel et culturel qui pourrait comprendre une église et un séminaire ».

Cette nouvelle opération, après le déménagement des douanes en 2005 aux portes de Paris, eux aussi dispersés sur plusieurs sites, s'inscrit dans le cadre de la rationalisation du patrimoine immobilier public engagée en 2005.

Bercy a tenu à préciser que 15 % des quelque trois milliards d’euros récupérés au cours des cinq dernières années par le biais de cette politique de cession ont été affectés au remboursement de la dette.

Le rythme des cessions immobilières s’est cependant ralenti depuis 2008 dans le contexte de la crise. Ainsi, après 820 millions d’euros en 2007, l’Etat n’a récolté que 395 millions en 2008, et 475 millions en 2009. En 2010, l’objectif qui table sur une reprise du marché a été fixé à 900 millions d’euros.

Pour l’heure, l’Etat est actuellement propriétaire d’environ 12 millions de mètres carrés, d’une valeur estimée à 53 milliards d’euros.

Si l’on peut estimer que cela laisse une certaine marge, certains n’en ont pas moins critiqué récemment la politique immobilière de l’Etat. Ainsi Philippe Séguin avait-il accusé, fin octobre, le gouvernement de Nicolas Sarkozy de « liquider les bijoux de famille ». Mais sans doute feu le Premier Président de la Cour des comptes pensait-il s’adresser à un hongre…

Olivier Figueras

Par monde et vie
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NOS DEUX MOIS DE MAI

Le mois de mai est propice aux conflagrations sociales. Qu’en sera-t-il du cru 2010 ? Le mois d’avril, déjà, a été marqué par une grève des transports. Ce 12 mai, les enseignants ont à leur tour appelé à la grève pour protester contre les « coupes budgétaires » et les suppressions – ou plutôt les non-remplacements – de postes. Les syndicats fourbissent leurs mégaphones en prévision de la réforme annoncée des retraites, dont ils savent ne rien avoir à craindre puisque le président de la République a déjà fait savoir qu’on ne toucherait pas à l’essentiel – à savoir, à la sacro-sainte répartition. Et dans ce contexte, François Fillon vient d’annoncer le gel des dépenses publiques pour trois ans, ce qui n’aura rien pour plaire aux fonctionnaires.
Les traditionnelles manifestations organisées par les syndicats le 1er mai n’ont, certes, pas attiré la foule des grands jours. Si les patrons des grandes confédérations voulaient en faire un test avant la réforme des retraites, c’est raté : à Paris, 45 000 personnes ont défilé – à peine le quart de ce que les cortèges avaient mobilisé l’an dernier. Encore s’agit-il du chiffre retenu par les organisateurs : la police, quant à elle, a compté 21 000 manifestants. Une gifle.
Or cette gifle arrive un mois et demi seulement après l’échec cuisant de la droite aux élections régionales et au moment où Nicolas Sarkozy s’enfonce dans les sondages. On aurait pu s’attendre à ce que les syndicats recueillent les fruits du désamour, surfent sur la victoire – certes relative, mais néanmoins… – de la gauche, rassemblent les mécontents.
C’est le contraire qui s’est produit. Bernard Thibault, François Chérèque, Jean-Claude Mailly peuvent se gratter la tête : le syndicalisme n’est pas moins en panne que la politique. La nouvelle n’est d’ailleurs pas bonne non plus pour les partis de gauche ; elle s’inscrit dans la logique qui a conduit la moitié du corps électoral à faire l’élection buissonnière au mois de mars.
Nous sommes entrés, semble-t-il, dans une période d’attente. Qu’attend-on ? La crise financière se rappelle au bon souvenir des peuples ; on se demande si d’autres Etats ne vont pas subir le sort de la Grèce, combien de temps tiendra l’euro et si le dernier plan de sauvetage suffira à éviter le pire ; aux grèves des bus caillassés dans les banlieues succèdent les débats sur la burqa et les affaires de polygamie ; l’enterrement du deuxième volet du Grenelle laisse indifférent le bon peuple, qui apprend que les avions ne volent plus pour cause d’éruption volcanique et que la première puissance du monde se montre impuissante à endiguer la marée noire géante qui menace ses côtes, faute de parvenir à fermer un puits sous-marin.
A la télévision, les Français regardent ces Grecs, dont l’Etat est acculé à la faillite par les spéculateurs et pour lesquels l’Europe entière est invitée à se serrer la ceinture, affronter durement la police parce qu’ils refusent, alors que leur pays est pratiquement en faillite, de perdre leurs 13e et 14e mois de salaire. Et si rien n’est fait, leur dit-on, le même sort menace l’Espagne, le Portugal, l’Irlande… Pourquoi pas, à terme, la France ? On a l’impression que le temps est suspendu en attendant de savoir dans quel sens penchera l’Histoire.
Dieu merci, le joli mois de mai est aussi celui de la Sainte Vierge. « C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie, disons un chant nouveau… » proclame un vieux cantique. Et le pape Jean Paul II déclarait en 1979 : « C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale. »
N’est-elle pas reine de France ?

Eric Letty

éditorial du n° 827 actuellement en kiosque (www.trouverlapresse.com)

Notre conviction

  • : La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
 
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