La chrétienté n’est pas un idéal mort, que l’on ne retrouverait qu’en feuilletant des livres d’images aux couleurs jaunies par le temps. La chrétienté, ce n’est pas non plus un programme rêvé pour préparer des lendemains qui chantent. Nous ne sommes ni des nostalgiques ni des idéalistes. La chrétienté ce n’est pas hier ou demain, c’est aujourd’hui.
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Le président Van Rompuy / Par Olivier Figueras
Très critiqué, le Belge Herman Van Rompuy, qui quitte la tête du gouvernement belge pour prendre celle du Conseil européen, pourrait bien ne pas être aussi terne qu’un
certain nombre de politiques le veulent croire – ou veulent le faire croire. A commencer par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing qui estime que ce choix « témoigne
d’une ambition limitée pour l’Europe au moment où se déroulent les grands dialogues mondiaux »…Certes, certains chefs d’Etat et de gouvernement ont
manifesté qu’ils ne dédaigneraient pas de conserver leur influence – bien au contraire… Mais il ne faudrait pas croire pour autant que la personnalité inconnue (ou prétendue telle) d’Herman Van
Rompuy soit, de ce fait, sans consistance.
D’abord, parce que cette nomination vient concrétiser une nouvelle étape de la construction européenne, avec la mise en
place du traité de Lisbonne. Une étape éminemment politique, contrairement à ce que d’aucuns voudraient nous faire croire, et que la critique du président du Front national pointe avec précision.
« Il paraît que nous avons désormais un “président de l’Union européenne”, voire même un “président de l’Europe”. Mais le traité de Lisbonne instituait un “président du Conseil européen”,
chargé de présider les réunions des dirigeants des pays membres et non de “présider l’Europe” », s’insurge Jean-Marie Le Pen en soulignant que le maquillage censé cacher la mise en place
d’un super-Etat européen « n’aura même pas tenu jusqu’à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ».
Ensuite, parce que ce chrétien-démocrate flamand, réputé catholique pratiquant, élevé chez les Jésuites, passé de saint
Thomas d’Aquin aux joies de l’économie, passe pour tenir à ses idées. Ainsi déclarait-il, il y a quelques mois : « La Turquie ne fait pas partie de l’Europe et ne fera jamais partie de
l’Europe. Un élargissement de l’UE pour inclure la Turquie ne peut pas être considéré comme une simple extension comme dans le passé. Les valeurs universelles qui sont en vigueur en Europe, et
qui sont aussi des valeurs fondamentales du christianisme, perdront de leur force avec l’entrée d’un grand pays islamique comme la Turquie. » Ce qui ne l’empêche pas de se vouloir
fédéraliste européen, et d’être favorable à un élargissement de l’Union européenne.
Enfin, parce que ses marottes, malgré tout, rejoignent le discours écolo-énergétique si cher aux européistes de tout
poil. N’a-t-il pas été jusqu’à déclarer, jeudi, après sa nomination : « (…) 2009 est aussi la première année de la gouvernance mondiale avec l’instauration du G20 en pleine crise
financière. La conférence climat de Copenhague est une autre étape dans la gestion mondiale de notre planète. Notre mission est une mission d’espoir, soutenue par des actes et par
l’action. »
On le voit, Herman Van Rompuy aurait pu écrire le compte-rendu de la réunion annuelle du Bilderberg qui portait, cette
année, sur la réforme de l’économie politique mondiale. Or, c’est justement avec les dirigeants de cet organisme que Van Rompuy a dîné quatre jours avant sa nomination. Et c’est eux qu’il a
entretenu de la nécessité pour l’UE de lever de nouvelles éco-taxes.
Qui voudrait croire à une coïncidence ?
Olivier Figueras
Publié le 23/11/2009 à 13h56
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